
D. Kouéré, L. Adama, Z. Gilbert, T. Aziz, O. Saïdou, I. Boukaré, S. Ousmane, B. Boubacar, et T. Souleymane ont comparu devant le Tribunal de grande instance Ouaga 1, le mardi 11 février 2025, pour répondre de faits d’actes de grand banditisme et de recels. À la barre, tous les accusés ont nié les faits qui leur sont reprochés.
Dans la nuit du 16 au 17 novembre 2024, aux environs de 2 heures du matin, alors qu’ils étaient en route pour Kaya, A. Moumouni, chauffeur, et A. Yaya, convoyeur, sont interceptés par des individus à bord d’un véhicule, juste après la voie de contournement en direction de Ziniaré. Ces derniers forcent le camion à s’arrêter et tiennent en respect les deux occupants à l’aide d’un pistolet automatique. Ils contraignent les deux hommes à rebrousser chemin, direction Ouagadougou. Là, ils déchargent la cargaison dans un magasin situé dans la zone industrielle de Kossodo, puis la marchandise est transportée vers d’autres magasins à Sankariaré et à Song Naaba. Ensuite, les braqueurs transportent A. Moumouni et A. Yaya jusqu’à la frontière du Ghana, avant de les relâcher dans un village isolé. Le chauffeur parvient à joindre N. Moussalla, commerçant nigérien et propriétaire de la marchandise, pour l’informer du braquage. Ce dernier saisit immédiatement la Police et porte plainte.

Photo, DCRP/Police
Le principal accusé, D. Kouéré, condamné en 2021 à 48 mois de prison ferme pour escroquerie, doit cette fois répondre de faits d’actes de grand banditisme. Lors de sa déposition à la barre, il explique avoir rencontré N. Adama en prison, ce dernier se présentant comme un transitaire. Il rapporte qu’Adama l’a contacté vers 3 heures du matin pour lui demander de conduire un véhicule chargé de marchandises dans un magasin. Lorsqu’il rejoint Adama, il constate la présence d’une dizaine de personnes sur place. D. Kouéré affirme avoir conduit le camion et la marchandise dans quatre magasins à Ouagadougou, précisant qu’il ignorait qu’il s’agissait d’un braquage. Il indique qu’Adama lui a demandé de trouver un magasin et un camion, ce qu’il a fait en appelant son oncle, L. Adama.
L. Adama, accusé de recel, confirme avoir été contacté par D. Kouéré vers 3 heures du matin pour louer un magasin et un camion. Il affirme avoir mis D. Kouéré en contact avec le propriétaire du magasin, ce qui a permis de louer l’espace pour 250 000 FCFA.
Z. Gilbert, à qui a été loué le transport de la marchandise vers Song Naaba, est également accusé de recel et a perçu 1 million 250 000 FCFA pour ses services.
S. Ousmane, accusé d’actes de grand banditisme, nie les faits. Il indique que L. Adama l’a appelé pour le déposer près de la station Petrofa à Ouaga 2000, puis qu’il a poursuivi ses activités sans être impliqué dans les événements du braquage.
O. Saïdou est accusé de recel pour avoir acheté 815 bidons d’huile pour un montant de 17 millions 937 000 FCFA. Il affirme qu’il ne savait pas que la marchandise provenait d’un braquage.
T. Aziz, également accusé de recel, a payé 27 000 FCFA par bidon pour une partie de la marchandise achetée auprès d’O. Saïdou, et l’a revendue à 27 200 FCFA. Il affirme qu’il n’était pas au courant de l’origine frauduleuse des produits, car il a l’habitude de se fournir chez O. Saïdou.
B. Boubacar, comme T. Aziz, a acheté 200 bidons d’huile à O. Saïdou, ignorant apparemment la provenance illégale de la marchandise.
T. Souleymane, prévenu pour recel, a agi en tant qu’intermédiaire dans la vente des 815 bidons à O. Saïdou et a perçu 1 million 250 000 FCFA.
I. Boukaré, également accusé de recel, a empoché 1 million 250 000 FCFA pour avoir servi d’intermédiaire dans l’écoulement de la marchandise.
Le propriétaire de la marchandise, N. Moussalla, s’est constitué partie civile. Son avocat a estimé qu’au terme des débats, les infractions reprochées aux prévenus étaient bel et bien constituées, car il s’agissait de soustraction frauduleuse de biens avec usage d’armes à feu. Il a ajouté que l’agitation autour de la marchandise et son écoulement rapide en 48 heures prouvaient que les receleurs savaient qu’elle était d’origine frauduleuse. La partie civile a réclamé le paiement de 68 millions 656 000 FCFA, représentant la valeur de la marchandise (66 millions 960 000 FCFA), le transport des bidons saisis (296 000 FCFA), les frais d’hôtel (400 000 FCFA), et des frais divers non compris dans les dépens (1 million de FCFA).
Les victimes, A. Moumouni et A. Yaya, se sont également constituées partie civile et ont réclamé la somme de 3 millions 250 000 FCFA pour dommages et intérêts.
Dans ses réquisitions, le parquet a demandé la relaxe au bénéfice du doute pour S. Ousmane, estimant qu’il avait simplement rendu service à un ami. Il a également requis la relaxe pour T. Aziz et B. Boubacar, considérant qu’ils n’avaient pas d’intention criminelle et qu’ils ignoraient l’origine frauduleuse de la marchandise.
En ce qui concerne D. Kouéré, le parquet a requis 11 ans de prison, dont 6 ans de sûreté, ainsi que 5 millions de FCFA d’amende, ferme, estimant qu’il avait monté le coup avec son acolyte N. Adama, et qu’il avait été formellement identifié par les victimes.
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Le Tribunal a mis son verdict en délibéré pour le 4 mars 2025.
Ahmadou SERIGNE
Zoodomail.com

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