ACTUALITE
Situation Nationale : le PNDES va bon train malgré les remues  15 avril
Version imprimable de cet article Version imprimable

ZOODOACTU.Le Premier Ministre, Paul Kaba Thiéba, a frappé fort à l’hémicycle, ce jeudi 12 avril 2018 dans la capitale burkinabè. C’était à l’occasion de son discours annuel devant les députés, que le premier des ministres s’est prononcé sur la situation nationale. Un speech plein de sens, d’engagement, qui, sans en vanter l’auteur a brassé tous les aspects et les inquiétudes que se pose le peuple burkinabè post insurrectionnel. Le pays est sur de bons rails en dépit de toutes les difficultés que connait le nouveau régime, rassure le Ministre.

Conformément aux dispositions de l’article 109 de la Constitution, le chef du Gouvernement burkinabè a prononcé son discours annuel sur la situation de la Nation, ce jeudi 12 avril 2018. Paul Kaba Thiéba, le dévoué promoteur du fameux PNDES, était devant les députés pour rendre compte et présenter ses nouvelles perspectives.
Sa mission d’antan n’a pas changé d’un cran : « Mettre en œuvre le PNDES, mettre fin à la pauvreté et placer le pays sur une trajectoire de croissance forte durable et inclusive ».
Un PNDES qui n’avait pas inclut à la base une grogne sociale aussi forte, des attaques terroristes…, toute chose qui semble avoir faussé les calculs du nouveau régime et fait suer notre économiste venu de la BCEAO.
S’agissant de la guerre que nous imposent les terroristes, Paul Kaba Thiéba invite tous les burkinabè à l’union sacrée pour défendre la mère patrie, en insistant de la plus belle des manières sur ces termes « la mère patrie que nos ancêtres nous ont léguée et que nous avons le devoir de transmettre aux générations futures ».
Et d’ajouter cette réplique, qui même sans en citer l’auteur inspirateur, condense dans son fond l’idée du père de la révolution burkinabè Thomas Sankara : « Nous devons transcender nos émotions, nos différences partisanes pour préserver l’essentiel, à savoir, la liberté, la démocratie, l’amour de la patrie, notre souveraineté.
Ce combat n’est pas uniquement celui des Forces de défense et de sécurité. C’est le combat de tous les Burkinabè, jeunes et moins jeunes, de toutes les régions, de toutes les confessions. Chacun doit contribuer par ses moyens à démasquer les terroristes en coopérant avec les Forces de défense et de sécurité pour neutraliser ces ennemis de notre peuple, ces ennemis de notre vivre ensemble et de la paix », et d’avancer
 :« Le peuple burkinabé n’a jamais fléchi devant l’adversité et il ne fléchira jamais… ; le mot d’ordre est « zéro sanctuaire pour les terroristes au Burkina Faso ».
Au-delà de ses interpellations, on retiendra que des actions ont également été entreprises dans le sens, notamment le renforcement des unités et des équipements des Forces de Défense et de Sécurité, et également la mise en place du Plan d’Urgence pour le Sahel à plus de 400 milliards.

Le Burkina nouveau est en marche
Le message central, dira le Ministre à l’occasion, est « un message de confiance en l’avenir de notre peuple car le Burkina nouveau est en marche ».
Le Burkina nouveau ? Oui. Pour ce que est certain, selon le Ministre, le Burkina est en marche, car, défendra-t-il : « nous avons préservé et consolidé nos valeurs fondamentales, la liberté, la démocratie, la justice, approfondi l’état de droit et les droits humains, et mis en œuvre une politique de rupture en luttant contre les inégalités sociales et la corruption ».

En gros, selon lui, le PNDES, malgré nos soupçons tout à fait légitimes sur sa vide matérialisation, semble sur la bonne voie.
« Notre pays est sur la voie de l’émergence car, avec l’opérationnalisation du PNDES, le taux de croissance de l’économie nationale devrait s’amplifier en 2018, en 2019 et en 2020. Notre économie nationale en affichant une performance 6,7% en 2017 a déjà renoué avec un taux de croissance au niveau du potentiel, ce qui permettra sur la durée, de mettre fin à la pauvreté et d’élever substantiellement le niveau de vie des burkinabè. Pour mémoire, le taux de croissance de la richesse nationale était ressorti en 2016 à 5,9% et à 4,0% en 2015.
Le PNDES est notre boussole, notre espérance et notre guide pour sortir notre pays de la pauvreté et le placer sur le sentier de l’émergence » a soutenu le Ministre.

Par conséquent, selon Paul Kaba Thiéba, ce référentiel ne saurait voir du succès, si une conscience et un effort collectifs ne sont pas orientés dans ce sens.
« La mise en œuvre réussie du PNDES requiert cependant de notre part la constance dans l’effort pour relever deux défis majeurs : la lutte contre le terrorisme et l’approfondissement de la cohésion sociale ».

Le gouvernement doit hausser le ton
Le second défi majeur auquel notre peuple est confronté, a indiqué le Ministre, est la cohésion sociale, mise à mal entre autres par la multiplication des mouvements sociaux et des revendications salariales qui menacent gravement notre équilibre macro-économique et notre capacité à dégager les ressources internes pour assurer le financement du PNDES conformément au schéma initial.
C’est dans le but de renforcer la cohésion sociale que son Gouvernement, avance-t-il, a créé le Haut Conseil pour le Dialogue social. C’est également dans ce but que, conformément aux instructions du Président du Faso, le Gouvernement a lancé le 28 février 2018 dernier, la conférence sur la réforme du système de rémunération des agents publics de l’Etat. Cette conférence dont les travaux sont en cours, vise deux principaux objectifs.
Le premier consiste à formuler des propositions de nature à assurer la viabilité du cadre macro-économique du pays en réduisant le rythme d’évolution des dépenses courantes singulièrement celles de la masse salariale.
Selon le Premier Ministre, l’analyse des données révèle une forte évolution des dépenses en personnel depuis quelques années. Elles sont passées ainsi de 332,34 milliards en 2012 à 618 milliards en 2017, soit une variation de près de 86%. En tenant compte de la hausse des prix, il ressort que les dépenses en personnel ont augmenté à un taux annuel de 11,72% entre 2012 et 2017. Or, sur la même période, la richesse nationale en termes réels mesurée par le PIB réel n’a augmenté en moyenne que de 5,4% par an.
Plus récemment, fait-il remarquer, nous avons enregistré des taux de croissance annuelle des dépenses en personnel de 18,33% en 2016 et de 11,55% en 2017.
Sous l’effet de cette évolution, les dépenses courantes se sont également accrues, s’établissant à plus de 61,3% des dépenses budgétaires totales en 2017 après 67,2% en 2016. Corrélativement, les dépenses de personnel absorbent de plus en plus l’essentiel des recettes fiscales de l’Etat, soit 50% en 2017, 51,6% en 2016 et 50,4% en 2015.
Pour lui, « ce rythme d’expansion des dépenses salariales et des dépenses courantes relativement à la richesse nationale est tout simplement insoutenable à terme, car elle réduit la compétitivité de l’économie nationale tout en privant l’Etat des ressources nécessaires au financement propre des investissements prévus dans le PNDES en vue de sortir notre pays de la pauvreté ».
Une chose qui laisse croire que le gouvernement ne cédera plus aux caprices, ou du moins aux revendications des fonctionnaires, en tout cas pas de façon aisée.
En définitif, poursuivra le Ministre, le second objectif de cette conférence nationale vise à réconcilier les burkinabè avec leur fonction publique en rétablissant les fondements d’équité, de justice, de mérite et d’égalité. « Il est temps de mener une réflexion collective sur la multiplication effrénée des statuts autonomes, des disparités de traitement entre les agents et des « maquis » des primes et autres fonds communs sources de tant de frustrations entre fonctionnaires » a-t-il avancé.
En substance, rappelant les grands chantiers du PNDES, le premier Ministre, à cette occasion, renouvelle les promesses et engagements de son gouvernement au peuple burkinabè. Les attentes sont nombreuses et les défis innombrables. Le Burkina nouveau dont parle le Premier Ministre contient désormais des Burkinabè nouveaux. Mais au-delà du discours du Premier Ministre, nul besoin de rappeler que la cohésion social, la paix, sont indispensables pour tout gouvernement, aussi compétent serait-il, pour l’exécution de son programme. Mais Monsieur le Ministre, « ce peuple attend des résultats concrets, tangibles et perceptibles ».

Hermann Guingané

Répondre à cet article

 

 

ZOODO TOP TEN
Devant le tribunal : « Tu es femme, besoin d’être secouée, appeler au numéro XXX. »
ZOODOACTU.O. Boureima est élève-professeur en Mathématiques et Physique-chimie à l’Institut des (...)
Devant le tribunal : le post vient de Safiatou Lopez…
ZOODOACTU.La citation à comparaître pour diffamation et injures de sieur Jean Marc Bonato, (...)
Devant le tribunal : ...d’un coup d’épaule il ouvre la porte de la chambre de Léocadie.
ZOODOACTU.Malick D., gestionnaire d’entreprise, est poursuivi pour des faits de menaces sous (...)
Sécurité routière : un mort sur la route du SIAO
ZOODOACTU.Il était 11h, ce dimanche 15 juillet 2018, quand un véhicule Toyota V6 à vive allure ( (...)
Burkina Faso : le procès des demi-dieux
ZOODOINFOS.Le feuilleton judiciaire du putsch de septembre 2015 se poursuit ce lundi, 16 (...)
France – Croatie : ce que va gagner l’arbitre de la finale du Mondial
ZOODOACTU.Plus modestement bien sûr que les joueurs, Néstor Pitana est une autre star de la (...)
Devant le tribunal : N. Lazare a vendu la parcelle non-lotie de son bienfaiteur…
ZOODOACTU.Abus de confiance est escroquerie, tels sont les faits reprochés à N. Lazare. Il a (...)
L’utilisation et la promotion des contraceptifs sont un péché grave
ZOODOACTU.« On reconnaît l’arbre à son fruit. Tout arbre bon produit de bons fruits, tandis que (...)
Procès putsch manqué : l’armée, la cause du malheur du soldat de 2e classe Seydou Soulama
ZOODOACTU.Ce mardi 17 juillet 2018, le sergent-chef Ali Sanou et le soldat de 2e classe Seydou (...)
Récit de l’imposition d’une surfacturation par un agent de service public dans le cadre d’une commande publique
ZOODOACTU.Je fais du service traiteur. Une fois un agent du Haut-commissariat m’a contactée en (...)