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Focus : le puzzle se complique de jour en jour pour les autorités   4 juillet 2016
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ZOODOACTU.Le Faso est encore en proie à des vicissitudes de toutes sortes, et cette semaine n’aura pas été facile pour les uns et les autres. Exécutifs communaux à problèmes, militaires radiés, en passant par les populations pro-koglwéogo qui manifestent, sans oublier les revendications syndicales et autres, la situation devient complexe. Un véritable puzzle pour les tenants du pouvoir qui doivent se faire du souci. Dans la mêlée, les populations passent leur temps à spéculer sur des sujets qui les frustrent souvent les uns et les autres. Quoi de plus normal, de toute façon, étant donné que le monde est ainsi fait et que chacun n’a pas la même opinion sur des sujets d’actualité...

Les municipales sont passées. Si la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a pu gérer ses angoisses avec brio, ce n’est cependant pas le cas pour certains partis politiques qui se sont illustrés par des heurts de toutes sortes, provoquant des morts dans certaines localités. Le cas de Karangasso-vigué est un exemple honteux pour ces partis politiques-là. Pour un choix porté sur une personne qui n’est pas de la localité, les autochtones diront qu’ils ne veulent pas d’un « étranger » comme maire. Comme si ce n’est pas un Burkinabé comme eux-tous. Ils oublient que souvent, ce sont ces mêmes étrangers qui sont de grands travailleurs, parce qu’ils ne veulent pas décevoir. Les personnes qui ont instrumentalisé les populations doivent tout simplement être arrêtées, car il est évident que ce mot d’ordre de chasse aux « étrangers » a été donné par des gens qui sont de mauvais perdants. En attendant, ce sont des populations déplacées par centaines et qui sont accueillies et relogées dans des abris de fortune. Quel dommage !
Si l’on devient ainsi un « étranger » dans son propre pays, alors, il y a de quoi se faire du souci, car rien n’est évident. Dans tout ce mic-mac, les incitateurs, eux, se la coulent douce. Pas de quoi les inquiéter, apparemment. Ils sont contents de leur travail, peut-être, mais toujours est-il qu’ils devront répondre tôt ou tard devant l’histoire.
Ils pourront passer entre les mailles de la justice, mais pas entre celles du temps qui prend toute sa patience. Les populations déplacées ainsi, avec de surcroit le fruit de toute une vie détruit, n’est pas aisé à accepter, pour le commun des hommes. Ce que l’on ne comprend pas est comment des personnes pensent à elles-mêmes seulement, pour empiéter sur le sort de toute une multitude de personnes. Franchement !

Après policiers, les Militaires radiés…

C’est reparti pour la série de négociations. Après les policiers qui ont rencontré le ministre en charge de la sécurité intérieure, Simon Compaoré, il y a quelques mois de cela, c’était le tour des militaires radiés en 2011 de rencontrer le Chef de l’Etat, Roch Marc Kaboré, par ailleurs ministre en charge de la défense. Même s’il n’y a pas eu de choses concrètes, en tant que tel, sur leur sort, en tout cas, les deux autorités ont promis se pencher sur leur préoccupations.

De toute évidence, il va falloir le faire. Car il ne sert à rien de former autant de personnes et s’en débarrasser ainsi, pendant que l’insécurité, surtout le terrorisme, est aux portes du Burkina. Ces personnes radiées, qui sont plus de 600, ont compris que la vie n’est pas facile. Si certains s’en sortent comme ils le peuvent, d’autres par contre sont en train de tirer le diable par la queue. Pour ceux qui manquent d’initiative, il est clair qu’elles regrettent amèrement leur passé douillet, déjà qu’il n’y a pas de travail pour tout le monde, au Faso. Mais comme le dit les Ecritures saintes, l’on ne souhaite pas la mort du pécheur, mais qu’il change de comportement. Pour dire que tant qu’il y a de la vie, il y a toujours de l’espoir, et l’on espère que la situation se décantera pour ces pauvres bougres…

Encore eux !
Pas une semaine ne passe sans que l’on ne parle des koglwéogos, ces groupes d’auto-défense. Que cela soit en bien comme en mal, bien-sûr ! Cette fois-ci, ce sont les populations elles-mêmes qui sont sorties pour manifester à Zongo, en barrant la sortie Ouest de la vielle de Ouagadougou. La raison est que leurs koglwéogos ont été arrêtés par les forces de l’ordre, le samedi 25 juin dernier. Pour exiger donc leur libération, les habitants de la localité n’y sont pas allés de main morte. Et revoilà les vieux démons qui ressurgissent, avec leur cortège de manifestations sur la voie publique. Cette fois-ci, les Forces de défense et de sécurité n’ont pas lésiné sur la manière, puisqu’après d’âpres négociations, elles ont été contraintes d’utiliser la force, étant donné qu’il y a toujours plusieurs manières de faire entendre raison à quelqu’un qui ne veut rien comprendre. Les autorités sont d’accord avec les koglwéogos, cela est évident. Mais il s’agit pour ceux-ci de pas outrepasser la loi, cela aussi doit être clair. Alors, pourquoi s’entêter ? La chose semble être si sérieuse pour les forces de l’ordre qui sont taxées de tous les noms d’incapables à sécuriser le territoire, si bien que ces koglwéogos sont en train de leur ravir la vedette. D’où la nécessité de tout faire pour se racheter, et c’est ce qui est en train de se faire, avec ces patrouilles et contrôles par-ci par-là. Mais elles doivent savoir que ces koglwéogos sont aussi importants que les indics qu’ils ont dans les différents endroits du pays. Et ces Koglwéogos peuvent aussi être de bons indics, assurément. Maintenant, reste à savoir comment composer avec eux. Ce ne sera pas facile, mais ça ira !
Claire Lebœuf

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