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Santé au Burkina Faso : des tradipraticiens ou des affairistes dans nos rues ?   10 mai
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ZOODOACTU.Potions médicinales, décoctions dans de petits flacons, poudres, mégaphones ou poussette à la main, on les croise dans les rues et dans les marchés à Ouagadougou et un peu partout. Eux, ce sont les « supers docteurs » ou disons, les soi-disant tradipraticiens. Avec ces derniers, il n’est point étonnant d’entendre qu’ils réussissent là où la médecine classique à échouer. Ils soignent les hépatites, la fièvre jaune, le zona, les toux, le paludisme, les hémorroïdes, sinusites, impuissances sexuelles masculines, drépanocytose, le diabète… Certains même insinuent avoir le remède contre le VIH. Si cette liste méritaient qu’on applaudisse le génie créateur de nos guérisseurs, une petite logique nous interpelle, vu leur nombre de plus en plus florissant.
En effet, même s’il est indiscutable et avéré les vertus salvatrices de cette médecine, il y a lieu de s’inquiéter des dérives qu’elle pourrait engendrer. Disons-nous la vérité, ces « médicaments soignent tous » dont on nous fait les promotions exacerbées nécessitent un suivi de la part de nos autorités. Il ne faudrait pas donner une brèche à quelques délinquants reconvertis, d’achever nos malades ou d’accélérer leur mal sous le regard naïf de nos populations et sous l’assistance muette de nos autorités.
Pour sûr, vu l’ampleur que prend ce business, permettez de suspecter que certains de ces produits ne soient que le fruit d’une pure imagination germée dans un esprit de gain facile et de simple escroquerie. On abuse tout simplement des malades. Dans nos rues, il est très difficile de reconnaitre de nos jours qui vend un bon produit et qui est légalement administré pour cette pratique.
Le plus écœurant, c’est la tournure vicieuse que prend ce nouveau commerce. Tenez-vous bien, vous remarquerez sur les réseaux sociaux, au niveau des feux tricolore ou sur les espaces publics, des affiches peu reluisantes, de type « pommade pour faire grossir le sexe », ou pour « faire grossir les fesses ou les seins »… On ne doute point de la volonté et de la liberté de certains citoyens à corriger des imperfections physiques. Et d’ailleurs, nous ignorons également les vertus de ces pommades dites grossissantes pour qui tient à allonger son phallus ou pour qui tient à avoir des collines à la place des fesses ou des seins, mais ce qui est inquiétant, c’est l’extravagance et la perversité avec lesquelles on expose ces faits dans un pays comme celui des hommes intègres. Pensons à tous ces enfants. Pensons à tous ces élèves qui dans nos rues ou marchés cohabitent avec ces types d’affiches ou d’annonces. Quelle influence ? A vous d’imaginer. A nous d’imaginer.
La politique nationale en matière de médecine et pharmacopée adoptée en 2004 par l’Etat Burkinabè est assez précises. Elle est basée sur la nécessaire collaboration entre médecine traditionnelle et médecine moderne pour la couverture des besoins sanitaires de la population. Cette collaboration est-elle maintenue et suivie avec rigueur ? A ces dispositions s’ajoute deux décrets règlementant le secteur de la médecine au Burkina : un décret portant condition d’exercice de la médecine et pharmacopée traditionnelles au Burkina et une autre portante autorisation de mise sur le marché des médicaments traditionnels. Qu’en est-il de toutes ces dispositions ?
Nous interpellons les autorités pour qu’elles se penchent d’avantage sur le sujet. Comme le dirait quelqu’un, « on ne joue pas avec la santé ».

Hermann Guingané

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Il y a 1 commentaire(s) pour cet article

posté le 10 mai 2018, par mki

Merci d’avoir soulevé ce problème social. cela devient vraiment inquiétant, chaque jour il y a au moins 10 vendeurs ambulants qui passent chez moi avec "ces produits qui soignent tout". Il faut réglementer le secteur et vite.


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