Devant le tribunal
Devant le tribunal : deux présidentes, une seule association...   12 février
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ZOODOACTU.Kambou S. est astreinte en justice par dame Dah K. pour des faits de faux, d’usage de faux, d’escroquerie, entre autres délits. Et dans toute cette histoire, la Caisse populaire y est incluse en tant que moralement responsable desdits délits. Les débats se sont déroulés ce lundi 12 février 2018, au Tribunal de grande de Ouagadougou...

Dames Kambou et Dah sont deux personnes qui sont membres d’une association et qui travaillent dans des œuvres caritatives, notamment au profit des enfants et orphelins vulnérables, les personnes en situation d’handicap, les enfants vivant avec le VIH et, les personnes âgées en situation de vulnérabilité. Dah est présidente, et Kambou est secrétaire générale adjointe (SGA). Cette association est créée depuis l’an 2003. Elle fonctionnait jusqu’en 2006, où il y a eu des difficultés, et donc, les activités étaient en berne...

C’est ainsi que courant mars 2014, dame Dah, la présidente, vient voir dame Kambou pour lui proposer de changer les membres du bureau de l’association, cela chez celle-ci, à domicile.

Kambou accepte, et les deux établissent une liste de personnes pour une structure qui était K.O depuis 2006, en faisant ainsi le procès-verbal d’une Assemblée générale fictive qui se serait tenue, alors que ce n’était en fait que deux personnes qui ont coopté ceux qui devaient en être les membres.

Et dans ce nouveau bureau, c’est dame Kambou qui devait remplacer dame Dah, qui se dit fatiguée, selon les propos de dame Kambou. Celle-ci explique que Dah voulait se retirer mais elle a insisté pour la garder au moins comme SGA, car étant une personne ressource...

Plus tard, une convocation des membres du bureau est faite, et chacun est mis au courant de ses tâches. Chaque membre signe donc avec consentement. L’ancienne trésorière de l’association, dame Palé, est restée à sa place initiale, et, dame Dah vient lui remettre ensuite le carnet d’affiliation à la caisse populaire ainsi que le cachet de la présidente pour dame Kambou, la nouvelle présidente.

Les transformations sont faites au niveau de la caisse populaire de Gounghin, où est domicilié le compte de l’association, et donc, il y a eu Dame Kambou, nouvelle présidente, dame Palé, trésorière, et une autre, feue dame Sawadogo, amie recommandée par ailleurs par dame Dah comme Secrétaire générale (SG), qui étaient les personnes qui pouvaient représenter par leur signature la caisse pour toute transaction financière...

Dame Kambou, qui voulait donc booster l’association, fait des démarches et récolte un financement de 850 000 FCFA pour des activités caritatives à mener. Ensuite viennent d’autres financement successifs, à hauteur de 10 millions FCFA, et émanant du ministère en charge de l’action sociale.

Quelques temps plus tard, les deux personnes n’arrivent plus à accorder leur violon. Dame Dah se sent frustrée, et estime que la gestion de l’association doit lui revenir. Elle en fait une bagarre et va même agresser Kambou sur son lieu de service, en la blessant...

C’est depuis donc ce temps que l’atmosphère est devenue délétère. Dame Dah convoque une autre AG et remet en place un nouveau bureau, avec son fils comme SG, cela en 2015.

Ainsi, de fil en aiguille, les choses se sont déportées au Palais de justice, car dame Dah estime que dame Kambou a grugé l’association en la spoliant de la somme de 10 850 000 FCFA.

La défense de dame Dah, dans ses réclamations, veut qu’on rembourse à sa cliente la somme de 10 850 000 FCFA, ainsi que 27 millions que l’association a raté pour un marché. Il y va aussi, de 5 millions FCFA de dommages et intérêts, ainsi que 500 000 FCFA au titre des frais d’avocat.

Selon le procureur, dame Kambou a bel et bien usé de faux pour parvenir à ses fins. Car le fait d’aller déposer les papiers au sein de la caisse populaire de Gounghin est comme une manière de s’accaparer de la chose, pendant qu’elle n’en n’est pas la fondatrice..Elle s’est prévalue de ce faux donc, pour faire tout ce qui se passait au sein de l’association, notamment pour le retrait des sommes. Il demande qu’elle soit condamnée à une peine de prison de 12 mois avec sursis...

La défense de dame Kambou, Me Larousse Ollo Hien, n’est pas de cet avis. Car l’association était presque morte, et sa cliente est venue trouver qu’il n’y avait que 5 500 FCFA dans le compte. Elle a voulu remettre les activités en place et grâce à ses relations, a pu trouver des financements. Si toutefois celle-ci voulait s’accaparer de la chose pour en faire son affaire, c’était facile pour celle-ci de créer une autre association qui est toute simple.

Il estime que c’est dame Dah qui, vu que les sous commencent à rentrer, est en train de récupérer son association, étant donné que celle-ci considère la chose comme sa propriété privée.

Donc, pas de quoi chercher de midi à quatorze heures, d’autant plus que dame Dah a mis dans le nouveau bureau son propre fils comme SG. Une affaire familiale, en résumé...Il demande tout simplement la relaxe de sa cliente, cela au bénéfice du doute, puisque le procureur et la partie civile estiment que les pièces justificatives produites pour les activités menées par la prévenue, dame Kambou, ne sont pas fiables... Il estime donc que dans ces circonstances, le doute profite donc au prévenu, selon la loi.

La Caisse populaire, pour sa part, dit ne rien comprendre à sa comparution au procès. Car d’abord, elle a reçu une correspondance du parquet qui lui demande de se présenter en tant que partie civile dans cette histoire. Lors de la première comparution, l’on lui signifie qu’elle est moralement responsable de tout ce qui a été retiré comme argent en son sein, car complice des actes de dame Kambou.

Et pour finir, la partie civile l’indexe comme prévenu et demande qu’elle paie en solidarité avec dame Kambou les préjudices subies par l’association. La Caisse populaire se demande donc en fin de compte quel est sa faute, puisqu’elle n’a jamais vu venir dame Dah pour se plaindre et dire que son carnet de retrait et dépôt était perdu, sinon un an après, et cela pour venir régulariser les choses selon le nouveau bureau qu’elle venait de mettre en place. Outre cela, celle-ci reconnait qu’elle a remis le carnet à dame Kambou par le biais de la trésorière, dame Palé, y compris le cachet de présidente...

En d’autres termes, la caisse n’a rien à voir dans cette histoire. Elle réclame ainsi la somme de 500 000 FCFA au titre des frais non compris...

Délibéré au 26 février prochain...

Claire Lebœuf

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