ZoodoInfo
Procès du putsch manqué : « Des jeunes instrumentalisés sont financés pour manifester le jour J », Simon Compaoré  9 février
Version imprimable de cet article Version imprimable

ZOODOINFOS.Le Mouvement pour le peuple et le progrès MPP a convié les hommes de médias pour un point de presse ce jeudi 8 février 2018 à Ouagadougou. Animé par le président par intérim, Simon Compaoré, ce dernier est revenu sur le récent remaniement ministériel opéré par le chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré et le procès du putsch manqué du 16 septembre 2015, prévu pour débuter le 27 février prochain.

Il y a quelques jours de cela, le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré a procédé au remaniement ministériel qui a accouché du gouvernement Paul Kaba Thiéba III. Si beaucoup ont perçu ledit remaniement comme étant un échec du gouvernement précédent, le président par intérim du Mouvement pour le peuple et le progrès (MPP), Simon Compaoré n’est pas de cet avis. Ces mots : « notre parti félicite l’équipe sortante qui n’a pas démérité, loin sans faute » dont il est l’auteur en est une preuve. Il estime qu’elle a su engager de façon vigoureuse et dans l’adversité les grands chantiers découlant de l’opérationnalisation du Plan national de développement économique et social (PNDES) en cours. Cet acquis permet à la nouvelle équipe de s’installer avec un tableau de bord aux indicateurs de performance appréciables à bien des égards a-t-il indiqué. Il soutient, qu’il lui reste simplement à renforcer les acquis afin de maintenir la cadence de cette dynamique gagnante selon ses mots. Au regard donc de ces faits, Simon Compaoré a estimé que le remaniement en question a pour objectif de renforcer la dynamique porteuse de résultats concrets dans laquelle évolue la gouvernance actuelle sous le leadership du MPP, de concert avec ses alliés.
Si certains estiment que le nouveau gouvernement est une équipe de campagne mise en place pour préparer la présidentielle de 2020, le patron du MPP rassure qu’il ne l’est pas, mais au contraire une équipe de combat. Il pose la question de savoir par la même occasion : « si le combat réussi peut servir pour la campagne, « where is the problem » ? ». D’après lui donc, c’est au pied du mur qu’on reconnait le maçon, donc il n’y a pas lieu de se presser a-t-il soutenu. L’ancien maire de la commune de Ouagadougou souligne que pour 2020, l’heure de la redevabilité va sonner ; « et si nous avons échoué c’est le peuple qui va décider, de même si nous réussissons c’est également lui qui va trancher » a-t-l confié.
Pour ce qui est de son cas, Simon Compaoré n’a pas manqué de réagir. Il a demandé à ceux qui pensent qu’en l’enlevant du ministère de la sécurité pour lui confier uniquement le ministre d’Etat auprès de la présidence, le chef de l’Etat l’a mis au garage ; de le laisser tranquille car « je me porte bien dans la nouvelle robe qui m’a été taillée » a-t-il confirmé. Il rappelle que c’est le grand joueur d’échec qui a redistribué ses cartes selon ses mots ; et il sait pourquoi il l’a fait a indiqué le principal conférencier du jour. Il rajoute par la suite que ce dernier à des comptes à rendre en 2020.

Simon Compaoré ne nie pas l’immixtion de l’exécutif dans le dossier Djibril Bassolé
Depuis un certain temps, la Nouvelle alliance du Faso (NAFA) accuse l’exécutif burkinabè de s’être immiscé dans la décision de la justice qui a accordé une liberté provisoire à son leader politique, le général Djibril Yipéné Basssolé en prenant un arrêté qui le contraint à la résidence surveillée. Le président par intérim du MPP, par ailleurs actuel ministre d’Etat auprès de la présidence, ne nie pas les faits. Ses propos : « on a eu raison, car rien ne prouvait qu’une fois de l’autre côté il reviendra devant le juge » en est une preuve. Il rappelle que si l’accusé était parti et qu’il ne revenait plus pour répondre de ses actes, les gens n’hésiteront pas à accuser le gouvernement ou le MPP d’arrangement. Au regard des explications fournies, l’ex-ministre de la sécurité a confié que si c’est ça l’immixtion dont il est question, c’est une bonne immixtion et « cela nous rassure que le 27 février prochain, il pourra se présenter devant le juge pour répondre des faits qui lui sont reprochés » a-t-il indiqué ; pour faire référence au procès du putsch manqué du 16 septembre 2015, qui est prévu pour débuter le 27 février 2018. Il faut rappeler que le général Djibril Bassolé a été interpellé dans le cadre des enquêtes des évènements du 16 septembre 2015 et est actuellement entre les mains de la justice. Si la NAFA a fait part de son inquiétude lors du point de presse qu’il a animé le mardi 6 février 2018, Simon Compaoré n’a pas tardé à lui répondre : « si la NAFA est inquiet en ce moment, ce n’est pas à cause du procès, mais de son propre dessein ». Si au nom du parti qu’il représente, il a félicité la justice pour la tenue prochaine du procès tant attendu par le peuple burkinabè, il a confié que des jeunes instrumentalisés, sont financés actuellement pour manifester le jour du procès, pour barrer les routes. « On les suit et on est au courant » a-t-il confirmé avant de déclarer que le procès aura bel et bien lieu. L’actuel N°1 du parti au pouvoir a souhaité qu’à travers le procès, que justice soit rendue à toutes les victimes et à l’ensemble du peuple burkinabè. Dans la même dynamique, il a souhaité que les dossiers emblématiques concernant le président Thomas Sankara, l’étudiant Dabo Boukary, le journaliste Norbert Zongo, les victimes de l’insurrection des 30 et 31 octobre 2014, les membres du dernier gouvernement de Blaise Compaoré soient jugés afin que toute la lumières soit faite.

Edoé MENSAH

Répondre à cet article

 

 

ZOODO TOP TEN