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Examens gynécos : quand, comment, pourquoi ?  9 février
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ZOODOACTU.C’est une visite incontournable dans la vie d’une femme : le rendez-vous chez le/la gynécologue. En fonction de votre âge ou de votre état de santé, certains examens seront nécessaires. E-Santé fait le point avec le Dr Béatrice Guigues, gynécologue à Caen (Calvados) et membre du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF).

Le toucher vaginal

Parmi les examens réalisés en routine, le toucher vaginal. Il consiste à examiner les organes génitaux de la patiente en les palpant à l’aide d’un doigt, ou deux. Comme d’autres gynécologues, le Dr Béatrice Guigues le pratique à l’occasion d’autres examens. "Quand on fait un frottis à une patiente, avec un spéculum, on a tendance à prolonger l’examen par un toucher vaginal", explique-t-elle.

S’il n’est pas recommandé de manière systématique, le toucher vaginal peut être utile en cas de rapports sexuels douloureux ou de pertes blanches, par exemple. "On est amené à le réaliser en présence de douleurs pelviennes ou de saignements anormaux, complète la gynécologue caennaise. Il peut permettre de trouver des masses comme des fibromes ou des kystes qui n’ont pas provoqué de symptômes particuliers."

Mais la spécialiste le précise : toutes les patientes n’auront pas forcément à s’y soumettre. "Le toucher vaginal n’a pas à être pratiqué chez une jeune fille de 15-16 ans qui n’a pas eu de rapports sexuels, indique-t-elle. On peut tout à fait prescrire la pilule sans cet examen."

Le frottis cervico-vaginal

Chaque année, 3 000 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus se déclarent. Afin de réduire ces diagnostics, un frottis de dépistage est recommandé à toutes les femmes de 25 à 65 ans, tous les trois ans. Sa fréquence peut être modifiée en cas de symptômes inquiétants.

"Le frottis permet de détecter les cellules qui se modifient sous l’influence du papillomavirus, qui provoque le cancer", précise le Dr Béatrice Guigues. L’examen est simple et indolore, réalisé à l’aide d’une petite brosse. Il peut être réalisé par un médecin généraliste ou spécialiste mais aussi par une sage-femme.

Le prélèvement est ensuite envoyé à une structure d’analyse. "En fonction du résultat, le médecin proposera un contrôle de frottis, une colposcopie… La procédure dépend de chaque cas", souligne la gynécologue.

La palpation des seins

La palpation des seins est un examen controversé, dont l’utilité a été remise en cause par certains intervenants. Mais aux yeux du Dr Béatrice Guigues, il est essentiel qu’un médecin le réalise. "Je fais systématiquement une palpation avec mes patientes, reconnaît-elle. Elle permet de détecter les masses qui révèlent un cancer du sein, et celui-ci ne provoque pas de symptômes."

L’autopalpation régulière est censée permettre cela. Mais dans les faits, "la plupart des femmes ne vérifient pas leur poitrine", déplore la gynécologue. S’y substituer est donc un pis-aller qui peut s’avérer utile en détection précoce.

La biopsie

Le terme de biopsie décrit un geste précis qui peut être réalisé sur de nombreux organes : il consiste à prélever un morceau de tissu sur une zone qui éveille la suspicion du médecin. "Ce n’est pas un examen de routine mais un outil de diagnostic, souligne Béatrice Guigues. On fait une biopsie après avoir repéré une anomalie." C’est généralement le médecin de ville qui se charge de l’examen, avant d’envoyer le tissu à une structure d’analyse.

En gynécologie, le prélèvement peut s’effectuer sur les muqueuses intimes (col de l’utérus, endomètre, ovaire, etc) mais aussi le sein, en cas de suspicion de cancer. "La recherche s’effectue toujours après une alerte", insiste la gynécologue.

Cet examen est précieux car il permet d’analyser l’ensemble du tissu suspecté, là où le frottis n’analyse que les cellules de surface et la mammographie montre une image. Le fait de retirer du tissu peut provoquer une légère douleur, mais celle-ci est passagère. Un saignement d’intensité faible peut aussi se produire.

L’hystéroscopie

"L’hystéroscopie est un examen complémentaire utilisé pour rechercher une pathologie", explique le Dr Béatrice Guigues. Il consiste à introduire un endoscope (petite caméra médicale) très fin dans l’utérus, afin d’observer l’intérieur du col de l’utérus et la cavité utérine.

"En cas d’anomalies à l’échographie, si l’endomètre est pathologique ou si on a l’impression d’un polype, on regarde la cavité utérine avec l’endoscope", détaille la gynécologue caennaise.

Là encore, l’examen peut se dérouler au cabinet médical, dans le cadre d’une consultation standard. En effet, aucune anesthésie n’est nécessaire. "Cela peut occasionner de légères douleurs, mais elles sont moins fréquentes si la patiente est détendue", souligne le Dr Guigues.

Les examens radiographiques

Plusieurs examens d’imagerie peuvent être réalisés par le/la gynécologue, ou prescrit par ce/cette spécialiste. L’échographie, notamment, est souvent pratiquée au cabinet. "Si on sent une masse, ou en cas de saignement anormaux, de douleur, on fera une échographie", illustre le Dr Béatrice Guigues.

Cette technique d’imagerie a plusieurs utilités. Elle permet de recherche des pathologies au niveau des ovaires, de l’utérus ou encore de l’endomètre. C’est notamment grâce à elle que l’endométriose peut être diagnostiquée.

L’examen peut être réalisé de deux façons : par voie abdominale ou endo-vaginale. "La sonde intra-vaginale permet de voir les ovaires plus précisément, souligne la gynécologue. Mais on ne l’utilise pas chez une femme qui n’a pas eu de rapports sexuels."

Outre l’échographie, la mammographie et l’IRM peuvent être utilisées pour repérer des cancers au niveau des seins.

L’hystérosalpingographie, elle, répond à une indication précise : elle étudie la cavité utérine et les trompes de Fallope, qui ne sont pas visibles avec les autres techniques "Elle est très utilisée dans les infertilités, pour identifier un possible problème de trompes", indique la spécialiste.

Il s’agit de rayons X combinés à un produit de contraste à base d’iode. "Cela peut être un peu douloureux", reconnaît le Dr Guigues. En effet, un liquide est introduit dans l’utérus afin d’analyser les parties intimes.

Après la pose d’un stérilet

Le stérilet est un dispositif de contraception utérin (DIU) dont la pose est réalisée par un professionnel de santé (généraliste, gynécologue, sage-femme). Il est alors censé rester en place pendant 3 à 5 ans. Mais un examen de contrôle est généralement réalisé au bout d’un mois et demi.

"On vérifie, au cycle suivant la pose, que la patiente n’a pas eu de souci ou de douleur importante, explique Béatrice Guigues. Une fois passé ce contrôle, on retourne à un examen par an, sauf symptômes anormaux." La patiente doit notamment voir un professionnel de santé si elle souffre d’importantes douleurs et de saignements en dehors des périodes de règles.

Publié par Audrey Vaugrente, journaliste santé et validé par Dr Béatrice Guigues, gynécologue-obstétricienne

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