Devant le tribunal
Devant le tribunal : une parcelle, deux acquéreurs, et, un propriétaire grugé...  29 janvier
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ZOODOACTU.Z. Jhoanny est poursuivi pour faux en écriture, usage de faux et escroquerie. Il était à la barre ce 29 janvier 2018 en compagnie de B. Pato et W. Ambroise, qui sont accusés de complicité de faux.

En 2015, Jhoanny a été désigné pour faire partie d’une commission de recensement des habitants résidant dans la zone non-lotie de l’arrondissement N°3 de Ouagadougou. Il recense ainsi Zongo Salomon, et celui-ci est attributaire d’une parcelle. Jhoanny constate ensuite qu’il y a une erreur sur la fiche d’attribution, car au lieu de Salomon, c’est "Salomé" qui y est écrit comme prénom. Il revient vers l’attributaire et lui explique d’envoyer ses papiers d’identité pour rectification, avant que les choses ne dégénèrent. Salomon lui donne ainsi sa Carte nationale d’identité burkinabé (CNIB), et Jhoanny va faire les rectificatifs. Il prend cependant le soin de garder la fiche d’attribution par devers lui...

Plus tard, il va voir W. Ambroise pour lui proposer de lui faire établir une CNIB, avec la photo de celui-ci mais portant l’identité des pièces d’état civil de Zongo Salomon.

Ambroise accepte. Ils vont ensemble pour cela, après avoir établi une faux acte de naissance suivant la filiation de Zongo. Au commissariat, Jhoanny, qui était resté dehors pour attendre Ambroise, voit que celui-ci tarde à sortir. Il va s’en enquérir et le policier lui dit que dès qu’ils ont introduit l’identité dans leur base de données, c’est la photo de Z. Salomon qui est sorti. Donc, les deux photos ne sont pas les mêmes.

Jhoanny explique au policier qu’il a besoin de cette pièce d’identité pour vendre une parcelle, et promet aux deux policiers de leur graisser la patte.

Au bout de trois jours, il a la pièce. Il fait alors des démarches en compagnie de B. Pato, qui signe une déclaration sur l’honneur, et ils arrivent à vendre la parcelle pour la somme de 4,5 millions FCFA à D. Malicky.

Jhoanny fait ensuite des transferts d’argent aux policiers, soit 150 000 FCFA à l’un et 50 000 FCFA à l’autre.

En ce qui concerne ses complices, il leur donne chacun 100 000 FCFA. Il raconte qu’il a utilisé le reste de l’argent pour payer des gens qu’il a recensé mais qui n’ont pas eu de parcelle et le menaçaient de mort.

L’appétit venant en mangeant, il use encore du même stratagème pour vendre la même parcelle à B. Landry, pour la somme de 4 millions FCFA.

C’est en voulant en savoir plus sur sa parcelle que Z. Salomon est allé trouver au sein des services compétents qu’il a été attributaire d’une parcelle, mais qui a été vendue par Jhoanny. Etant donné que son numéro figure sur les papiers, Salomon le convoque à la gendarmerie et il reconnait les faits, puis demande un règlement à l’amiable avec Salomon, qui accepte. Jhoanny vient lui remettre plus tard la somme de 2 250 000 FCFA, et promet revenir, mais rien.

Voilà donc ce qui a valu sa dénonciation et incarcération, en compagnie de ses deux complices qui ne sont pas au courant de la somme que leur compère a engrangé en les utilisant...

Jhoanny a été condamné à la peine de prison ferme de 36 mois, et ses deux complices, à 24 mois avec sursis. Et ils doivent payer solidairement à ,Salomon la somme de 4 millions FCFA de dommages et intérêts ; ; ;

Claire Leboeuf

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Il y a 4 commentaire(s) pour cet article

posté le 30 janvier 2018, par Voleurs de parcelles

Les voleurs de parcelles, il y en a un peu partout au Faso. Ce sont des hommes et des femmes sans foi qui n’ont même pas peur de la justice. Une de leurs techniques de vol consiste à retirer la parcelle de l’honnête citoyen et faire un faux PV de réatribution à une personne fictive généralement parmi celles qui ont fait la demande de parcelle mais malheureusement qui n’ont pas eu. Une fois tout cela OK, ils vendent la parcelle avec des faux documents (fause procuration, faux PV d’attribution, etc.) sans que la personne à qui ils ont réattribué, ne soit au courant. Vivement que la justice du Faso carbure fort pour retablir les honnêtes citoyens dans leur droit. Sinon des gens vont se hacher pour se rendre justice. Cette technique de vol est beaucoup plus fréquente à Koudougou.


posté le 30 janvier 2018, par lewang

Et les policiers dans tout ça ??? les a entendus ? quelle peine pour eux puisqu’ils ont favorisé le deal en plus de la corruption passive


posté le 30 janvier 2018, par La Passante

Les policiers sont plus coupables que les deux autres complices vu qu’ils ont établi la fausse pièce identité en connaissance de cause.


posté le 31 janvier 2018, par Mili

c’est courageux de publier ça sans nous dire quel a été le sort des policiers !


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