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Bras de fer entre le gouvernement et le monde de l’éducation : qui des deux lâchera le fil ?  12 janvier
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ZOODOINFOS.Ces deux dernières années, passer un mois sans entendre un mot d’ordre de grève (meeting, marche-meeting ou sit-in), relève quasiment de l’extraordinaire dans le pays des hommes intègres. Le Burkina nouveau, depuis la fuite de Blaise Compaoré, la période de transition et le régime du Président Rock Kaboré, baigne dans l’orgueil de sa victorieuse conquête insurrectionnelle, et peine véritablement à retrouver sa sérénité. L’explosion des libertés que cela (ces actes héroïque) a pu engendrer, laisserait du fil à retordre, même à n’importe lequel des disciples les plus fidèles à Machiavel. « Démocratie et libertés », « Liberté de manifester », « Liberté syndicale »…. Ces concepts se verront consolidés, voire extrapolés. La naissance d’activistes sur les réseaux sociaux, la présence de maintenant spécialistes et analystes politiques en herbe, les OSC, les partis politiques, suivis des syndicats, tous, suivent de près, disons de trop près souvent la gestion du nouveau pouvoir. Dès ces premiers instants à la tête du pouvoir, « Rock la Solution », n’a pu, pour être franc, avoir réellement le contrôle sur les remous sociaux. Les grognes et les crises s’enchaînèrent. Aucun répit. Un pouvoir à peine installé, à peine que les techniciens n’aient pu entreprendre les derniers réglages sur la machine institutionnelle avant le décollage, que des passagers semblent ne plus vouloir se confier au pilote. Les fonctionnaires de l’administration publique : la police, la douane, le monde du trésor, de la culture et du tourisme, de la santé, de l’éducation, bref, personne, ne s’est fait prier pour signifier son « ras bol » et animer de plein droit ou non, « l’actualité politique et sociale ». La cerise sur le gâteau, la grève que vit actuellement le monde de l’éducation. « Le pays court à grand pas vers une année blanche ».
Le top départ de ce que nous vivons, soyons honnêtes, tire ces sources dans le traitement des magistrats. Ces derniers qui se sont vu tailler la part du « lion », ont eu gain de cause, courant l’année 2016, en mois de juillet à leurs revendications. A cet effet, on serait tenté de dire que le nombre assez réduit des magistrats, et le faible impact que cela représenterait dans le budget national a également été l’un des facteurs de leur victoire, soit environ 2,9 milliards de FCFA. « Mais comme dans une cours familiale, le père a choisi, par préférence ou par naïveté, de servir du champagne et du poulet à l’un de ses fils, et veut contraindre les autres enfants à se contenter de chewing-gum et de quelques cuillérées d’eau ».
Iniquité ou principe démocratique ? Cela pour permettre une réelle séparation des pouvoirs ? « Rock la Solution » et compagnons pourront se justifier. Ce qui est certain, cela a servi de goutte d’eau pour perturber le sommeil des syndicats au Burkina.
Chacun à son tour, veut sa part du gâteau. Certains obtiendront une réponse plus ou moins suffisante ou du moins acceptable, s’agissant de la douane par exemple. Du reste, les négociations se poursuivront avec la plupart des mouvements syndicaux et personne ne veut lâcher prise.
« A quand notre tour ? Est-ce parce que nous sommes moins importants ? N’est pas de la négligence ? Est-ce un mépris de la part de nos autorités ? » . Des questions qui ont sans doute habité certains esprits, avant que le grand chantage des gladiateurs ne commence.
Ces deux années, le pays a eu droit à une avalanche de grèves jamais connu sous ses cieux. Tenez-vous bien, le monde de la santé a même observé une grève sans service minimum de 72 heures du 22 au 24 novembre 2016. Aussi, il est difficile d’oublier la belle coïncidence, digne d’un boycotte à la tenue du 24 au 26 octobre, du Forum National sur la Sécurité, organisé par le Ministère de la sécurité. La simultanéité c’est que les instants présents, où la crise sécuritaire, disons, les attaques terroristes sévissent le pays, moment où toutes les énergies devaient converger pour trouver de nouvelles stratégies pour juguler la crise, le syndicat des policiers lancera de son coté du 25 au 28 octobre, un mouvement d’humeur. Dans un contexte aussi délicat, la capitale et le pays tout entier, visités indubitablement par les extrémistes, furent un beurre à pénétrer pour les 3 jours de porte ouverte servit par les syndicats. Plus de peur que de mal, rien de dommageable n’est parvenu.
De la santé comme au niveau de la police, l’on pourrait ainsi applaudir la démonstration de force. « Si nous grevons, vous savez combien de gens risquent la mort ? », donc attention gouvernement !
Au niveau du trésor ou de la douane, le chantage qui se laisserait voir est le suivant : « Si nous grevons, vous vous imaginez un peu tous ces milliards que le pays perdra ? ». Tenez garde donc !
Dans toute cette histoire, d’autres malheureusement ou heureusement, semblaient détenir certainement à ce que l’on peut croire, une arme moins dissuasive pour le chantage.
A ce qui nous est donné d’observer, le poids ou la valeur des fonctionnaires dans l’administration, est le principe fondamental qui semble influencer les résultats lors des négociations.

« Les enseignants sortent le grand jeu »
Il n’est plus à démontrer que « ce qui fait la force d’un pays, c’est son éducation ». Le système éducatif en Chine ou en Inde, sans faire de publicité gratuite, a imposé développement et respect à travers le monde et a faussé bon nombre de prévisions économistes qui y avaient prédit le désarroi.
La coordination nationale des syndicats de l’éducation, a donc de ce fait, et de façon légitime d’ailleurs, soumis leur plateforme revendicative aux autorités. Leur plateforme comportait 4 points, tels que :
➢ L’adoption d’un statut valorisant des personnels de l’éducation et de la recherche,
➢ L’Amélioration de l’accès à l’éducation
➢ L’Amélioration des conditions de travail pour une efficacité du système éducatif
➢ La revalorisation de la fonction enseignante
De ces 4 points essentiels, il y a avait consubstantiellement 23 sous points.

« Le début du débordement »
Une lutte, commencée de façon inoffensive à ces débuts, prendra une autre tournure, à même de conduire à une « année blanche ».
Notons qu’au cours de l’année 2017, le Ministère de l’éducation Nationale et de l’Alphabétisation(MENA) a enregistré 14 plateformes revendicatives individuelles et une plateforme minimale de la coordination nationale des syndicats de l’éducation regroupant 15 des 21 organisations syndicales que compte ce ministère.
Le fait important qui a planté le décor, si nous observons de près, fut celui de la marche déroulée le 26 octobre 2017. Les enseignants, ce jour, n’auraient pas eu l’honneur d’être reçus par le ministre de l’éducation nationale devant l’immeuble de l’éducation lors de la remise de leur plateforme revendicative. Mépris, manque de respect à leur égard, c’est ainsi qu’ils ont interprété cette absence de leur ministre de tutelle. Le Ministre, Jean Martin Coulibaly, revenant à la charge pour expliquer les faits qui ont justifié son absence, prêchera dorénavant dans le vide. Le mal est déjà commencé. Pourtant ce n’est qu’un malentendu, une incompréhension, dira-t-il.
Le Ministre réfute totalement qu’il ait refusé de les rencontrer. « Je n’ai pas été informé que ces syndicats envisageaient une marche. (…) C’est vraiment en toute bonne foi que je n’étais pas au ministère », a insisté le ministre, soulignant néanmoins que le dialogue n’était pourtant pas rompu.
Dès lors, la lutte nonchalante, se verra désormais fortifiée. « Sit-in, grèves perlées, marches, suspension au post-primaire et au secondaire des évaluations et des compositions trimestrielles au préscolaire et primaire, le non traitement des dossiers d’examen et concours au primaire, au post primaire, et au secondaire, etc…jusqu’à la fin du deuxième trimestre 2017-2018 » tel est la situation actuelle au niveau de l’éducation. Certains élèves viendront à l’appui de leurs enseignants, demandant au gouvernement de réagir afin que les choses puissent rentrer dans les normes.

« L’entrée en jeu du Premier Ministre »

Face à la crise au niveau de l’éducation, et dans le souci de ne pas compromettre le bon déroulement de l’année scolaire, le dossier fut conduit dans les mains du Premier ministre, Paul Kaba Thiéba. Le 14 novembre 2017, il recevra la Coordination des syndicats de l’éducation et mettra en place une commission technique interministérielle chargée de poursuivre le dialogue.
Le Premier ministre informe, qu’après une prise de contact avec la coordination le 20 novembre, la commission a fait une étude technique de la plateforme assortie de propositions de réponses, validée par lui-même le 7 décembre. Les négociations s’ouvriront le 12 décembre par la remise des réponses du Gouvernement à la coordination. Suite à la remise des propositions du gouvernement, la coordination suspendra les négociations pour examiner les réponses reçues avant de revenir sur la table des négociations.
Pendant que la commission attendait les appréciations de la coordination, la coordination déposera un mot d’ordre de grève de 72 heures pour le 9, 10 et 11 janvier 2018 et fait une demande pour une marche le 10 janvier.
Qu’on se réfère au franc parler du président de l’Assemblée Nationale, Bala Sakandé, qui au-delà de toute critique, traduit une triste réalité, et s’inscrit dans le but de calmer les ardeurs des élèves qui se jettent dans un combat aveuglement ou qu’on retienne les tentatives de négociation de l’Union Nationale des Associations des parents d’élèves et d’étudiant du Burkina, qui a de son côté, invité la coordination à privilégier le dialogue dans cette situation tendue et inviter les différentes parties, notamment les syndicats à mettre un peu d’eau dans leur vin,… Toutes ces tentatives de négociations, de persuasion et d’invite au dialogue social, semblent au contraire attiser ou insuffler un souffle nouveau à la lutte des syndicats.
Cette trêve sociale ne concerne pas le monde de l’éducation, mais l’ensemble des partenaires sociaux.
Et même, le premier des Burkinabè, Rock Marc Christian Kaboré, qui jusque-là était silencieux, à l’occasion de la cérémonie de présentation des vœux des Corps constitués le 29 décembre 2017, n’a pas manqué de lancer un appel aux syndicats de l’éducation en mouvement d’humeur. Voici un extrait de cet appel prononcé lors de son discours. « L’année 2017 a été marquée par de nombreux mouvements sociaux qui se sont traduits par des sit-in et des grèves à répétition, par moments, dans le non- respect de la législation en la matière.
Ces derniers jours, des élèves et des jeunes, sous prétexte de soutenir les mouvements de grève des enseignants barrent les routes et bloquent le trafic national et international avec tous les désagréments et les conséquences fâcheuses qui en découlent notamment aux plans économique, sécuritaire et de la mobilité.
Il est évident aujourd’hui, qu’en matière de satisfaction des revendications salariales, il n’est plus possible de continuer à imaginer des solutions au cas par cas, en dehors d’une approche d’ensemble, à l’échelle de la fonction publique. C’est un impératif de justice sociale et d’équité que je me dois de faire absolument et nécessairement respecter.
C’est pourquoi je lance un appel aux syndicats de l’éducation pour observer la plus grande retenue, dictée par le sens de la responsabilité, car il s’agit ici de l’avenir immédiat de l’école burkinabè et donc de celui de nos enfants.
J’invite donc tous les partenaires sociaux à la modération, afin qu’ensemble, dans un esprit constructif, nous engagions une réflexion globale pour trouver les solutions appropriées à leurs préoccupations, sans hypothéquer l’avenir des générations présentes et futures ».
Delà, la décision du chef de l’Etat est à féliciter. Le règlement cas par cas, pas besoin d’être un surdoué pour le comprendre, conduirait le pays inéluctablement vers une impasse. Aussi, la solution de crise proposée, c’est-à-dire, la révision salariale au sein de l’administration, est surtout louable. Ne dis ton pas, que « la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a ? ».

« Le gouvernement n’a jamais rompu le dialogue »

Ces déclarations du chef de l’Etat, semblent produire peu d’effets au sein des syndicats.
À ce qu’on peut observer, la coordination nationale des syndicats de l’éducation, n’est pas en phase de négociation, mais plutôt d’imposition. Nous assistons à : « Tu prends ou tu laisses ». La grève de 72 heures, allant du mardi 9 janvier jusqu’au jeudi 11 janvier 2018 battra son plein. Les propos et les slogans qui y fusaient, laissent le doute sur une réelle négociation des deux parties.
Pourtant, le premier Ministre et même les syndicats, confirment que les négociations se poursuivent. Mais si tel est le cas, comment expliquer que deux parties qui sont en pleine négociation, sans que rien ne soit ficelé ou conclu, l’une d’elle, produit du spectacle sur la scène politique. Serait est ce, une tentative d’intimidation ? Ou est-ce une mauvaise foi ?
Si le dialogue était rompu, on pourrait mieux comprendre ce remous au sein de l’éducation. Mais il en est rien de tout cela.
La surprise du Premier Ministre, vient donc s’ajouter à ceux qui suivent de près cette histoire. Paul Kaba Thiéba, suite à cette grande marche suivie de meeting des enseignants le mercredi 10 janvier, a tenu a expliqué à la presse, la situation vécue. Se référant aux chiffres, il a indiqué que l’incidence globale minimale de la plateforme des syndicats, tourne au tour de 50 milliards de FCFA. Aussi, L’évolution de la masse salariale globale a été très forte entre 2013 et 2017.Elle est passée de 353,5 milliards à 630 milliards soit à peu près le double, sans tenir compte des engagements pris avec certains syndicats pour 2018.
De ces propos, il est clair que le gouvernement est dans une incapacité financière à satisfaire toutes ces revendications énoncées. Et d’ailleurs, 8 points ont été appréciés sur les 23 énoncés.


« Les réalisations au niveau du MENA en 2017 »

Pourtant, à voir le programme du Président Rock, le PNDES, consacre une part non-négligeable, pour ne pas dire essentiel, dans le domaine éducatif. Aussi, le bilan annuel 2017 au niveau du MENA, mérite quand même une appréciation positive. Mais évitons de dire qu’il y a eu des avancés, au risque de recevoir des invectives...
En résumé, s’agissant d’infrastructures, pour la question de la résorption des classes sous paillotes, sur ces deux ans, les marchés qui ont été passés, qui sont réalisés et livrés ou en cours de réalisation, concerne 1263 salles de classes. Si on compare ces chiffres au stock initial des salles de classe sous paillote à résorber, sur lesquelles le président du Faso s’est engagé, qui est de 4353 salles de classes, on peut dire que le pays est à peu près, deux ans après, à 30% de réalisation de cet objectif.
Il y avait également au niveau des infrastructures, (vous savez que dans notre dispositif on a parfois réalisé des écoles avec trois classes qu’il faut normaliser en les faisant progresser à six classes), dans ce cadre-là, pour faire passer un certain nombre d’école de trois classes à six classes, le gouvernement a réalisé 1643 salles de classes additionnelles, sur 7250 classes à réaliser pour normaliser toutes les écoles qui sont à trois classes. Cela fait une progression de 23 % en deux ans.
Il y a également le cas du développement des infrastructures, et la création de nouveaux complexes scolaires. Il faut comprendre que chaque année, arrive un certain nombre d’élèves sur le marché de l’école, qui ont l’âge d’aller à l’école et pour cela, il faut nécessairement créer de nouveaux complexes scolaires. Le gouvernement a créée 33 en deux ans sur les 99 salles de classes additionnelles. Au niveau des collèges, des enseignements généraux, il a également créé 407 en deux ans.
Au niveau de la normalisation des collèges d’enseignements généraux du continuum, il a été créé 788 salles de classes.
Pour finir avec les réalisations additionnelles, 33 lycées ont été créés dans l’enseignement général et 2 lycées scientifiques, ont été ouverte cette rentrée 2017-2018.
L’aspect qui est en retard par rapport au développement des infrastructures, c’est les infrastructures d’enseignement et de formation technique et professionnelle. A ce niveau, il était prévu 7, mais à l’heure où nous parlons, on est au stade où les entreprises doivent être en cours de présélection.
S’agissant du personnel, le ministère de l’éducation nationale, sur ces deux ans a recruté au total 22 557 employés dans le métier de l’éducation. Ce n’est pas seulement des enseignants, c’est aussi parfois des postes au niveau administratif. Dans ces 22 557, ce qu’il faut noter de façon particulière, c’est que le fameux programme : « emploi jeunes pour l’éducation nationale », qui ciblait les jeunes qui ont au moins BAC plus 2, pour les former à devenir des enseignants du post primaire, à ce niveau, l’Etat a pu recruter 5746 jeunes qui sont actuellement dans ce dispositif, dans les établissements. Ces derniers ont un âge moyen compris entre 26 et 27 ans.
Globalement, si on fait le point du volet accès à l’éducation, on peut dire que toute infrastructure confondue, le MENA en deux ans à créer une capacité d’accueil potentiel de 330 440 élèves, basée sur les ratios des normes fixées, c’est à dire 50 élèves au primaire, 70 au post primaire et 60 au secondaire. Si on prend ces capacités, rapportées aux classes qui ont été créées, tout dispositif confondu, ça nous crée une capacité d’accueil en élève qui s’évalue à 330 440 élèves pour 5622 salles de classes créées.

« Il faut installer le dialogue »

Au regard de ces réalisations, superficiellement résumées, il n’est pas contraint d’applaudir le MENA. Certes, il y a des insuffisances. Il y a une forte attente, mais cela vaut il vraiment le coup de franchir la ligne rouge ? Vaut-il le coup d’aller vers une année blanche ? Est-ce l’année blanche qui résorberait toutes les préoccupations du monde éducatif ? Permettons-nous le doute. Il n’y a-t-il pas d’autres alternatives ?
Pouvons-nous, dire que le gouvernement se moque éperdument de l’éducation ? Je crains fort que non.
Au-delà de tout ce qui peut se dire, ce ministère, ces deux dernières années n’a pas du tout chômé. Aussi, la refondation et la réorientation de tout un système éducatif, ne peut se faire en un claquement de doigt. Comme pour paraphraser quelqu’un, « même si un sorcier venait à me remplacer, il ne pourrait venir à bout de tous les problèmes que nous vivons » ! Que l’on veuille ou non ! Quel qu’en soit la personne qui viendra à la tête de ce pays, au regard des instances, des revendications, des attentes et de la pression sociale, à moins que ne mettions, tous, sans exception, un peu d’eau dans notre vin, cette situation risque bien de perdurer. Ce n’est point une malédiction, mais une question de réalisme.
Le gouvernement actuelle ne gagnerait rien, connaissant l’histoire et les évènements qui les ont conduit à la tête du pays, à ne pas satisfaire, et ce dans le plus bref des délais, la revendication des enseignants. Mais en toute honnêteté, le constat est clair : Il y a un manque de ressource. Tout peut se régler au fur et à mesure, comme cela se fait dans presque tous les pays lorsque des syndicats soumettent leur plateforme revendicative.
Le pays vient de trop loin. Ne donnons pas la brèche à d’autres éventualités.
Une lutte peut bien être légitime, mais la mener en toute responsabilité, est souvent plus louable. Il n’appartient pas à un syndicat d’imposer une plateforme à un gouvernement et à s’attendre que ce dernier le suivent à la lettre ou aille impérativement dans son sens, au risque de lui faire endosser un sombre destin. Cette démarche n’est pas juste, elle n’est pas responsable. Elle aurait pu l’être dans un autre cas, mais pas dans celui-ci. Et cette pensée vaut pour tous ces mouvements syndicaux.
Sur ce, il sied d’inviter les différentes parties à privilégier le dialogue. Le sacrifice des parents d’élèves, du paysan, de l’éleveur, du chômeur, du pauvre, ne doit pas tomber dans l’eau. Privilégions l’intérêt national et sauvons l’année scolaire. Un combat qui annihilent les efforts d’autres personnes, se délégitime.

Hermann Guingané

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Il y a 2 commentaire(s) pour cet article

posté le 12 janvier 2018, par Anta

M Hermann remplacerait bien Rémi Dandjinou pour nous pondre des chroniques gouvernementales. Il n’y a pas plus patriote que l’enseignant je peux vous l’assurer et à un certain moment de la vie il faut se battre ou mourir.Nous ne voulons pas mourir !


posté le 12 janvier 2018, par Ismael

Article très enrichissant. Merci pour cette très belle l’analyse !


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