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Grèves des enseignants : le Premier Ministre appelle à la retenue et au sursaut patriotique  11 janvier
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ZOODOINFOS.Suite à la grève des 72 heures observée par la Coordination Nationale des Syndicats de l’éducation, le Premier Ministre, Paul Kaba Thiéba, a tenu une conférence de presse ce mercredi 10 janvier 2018, pour apporter sa lecture sur la situation et surtout inviter les partenaires sociaux à privilégier l’intérêt national . « Eviter une année blanche » et « poursuivre le dialogue », ont résumé la substance des propos du ministre. Ci-joint le discours intégral.

Je voudrai tout d’abord vous présenter mes vœux les meilleurs de l’année 2018 et vous remercier que vous m’offre d’échanger avec vous sur la question grève en cours dans le secteur de l’éducation et les actions que nous entreprenons pour y apporter des solutions.
Au cours de l’année 2017 le Ministère de l’éducation Nationale et de l’Alphabétisation(MENA) a enregistré 14 plateformes revendicatives individuelles et une plateforme minimale de la de la coordination nationale des syndicats de l’éducation regroupant 15 des 21 organisations syndicales que compte ce ministère.
La coordination nationale des syndicats de l’éducation a déposé sa plateforme minimale auprès du MENA le 05 octobre 2017. Elle est composée de 4 points subdivisés en 23 sous-points.
Le Ministre de l’éducation nationale et de l’alphabétisation a engagé le dialogue en discutant avec chacun des syndicats et leur donné des réponses. Un protocole d’accord a même été signé avec le syndicat national des encadreurs pédagogiques du 1er degré.
Il a ensuite engagé le dialogue avec la coordination sur les différentes préoccupations du monde de l’éducation. Après trois rencontres de négociations, le dialogue s’est enlisé. La coordination a alors lancé des mots d’ordre de sit-in, des grèves perlées, et des marches. Un des aspects de l’expression du mécontentement des enseignants concernent « la suspension au post-primaire et au secondaire, des évaluations et des compositions trimestrielles au préscolaire et primaire, le non traitement des dossiers d’examen et concours au primaire, au post primaire, et au secondaire, etc…jusqu’à la fin du deuxième trimestre 2017-2018 ».
Devant le blocage du dialogue interne au département de l’éducation , et dans le soucis de ne pas compromettre le bon déroulement de l’année scolaire j’ai dû reprendre le dossier en main en recevant la Coordination des syndicats de l’éducation le 14 novembre 2017, et en mettant en place une commission technique interministérielle chargée de poursuivre le dialogue.
Après une prise de contact avec la coordination le 20 novembre, la commission a fait une étude technique de la plateforme assortie de propositions de réponses que j’ai validées le 7 décembre. Les négociations s’ouvrent le 12 décembre par la remise des réponses du Gouvernement à la coordination. Celle-ci suspend les négociations pour examiner les réponses reçues avant de revenir sur la table des négociations.
Pendant que la commission attendait les appréciations de la coordination, on apprend qu’elle a déposé un mot d’ordre de grève de 72 heures pour le 9, 10 et 11 janvier 2018. Puis, je reçois du Ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation une demande pour une marche le 10 janvier déposée par la coordination.
Sur ces entrefaites, je reçois de nouveau ses responsables le 28 décembre pour comprendre les motivations profondes de la grève pendant que les négociations sont en cours. J’ai saisi cette opportunité pour les appeler au calme et les inviter à privilégier l’esprit du dialogue. En guise de réponse, la Coordination relève que :
1er : les propositions de solutions du Gouvernement ne sont pas à la hauteur des attentes ;
2ième : le gouvernement n’a pas daigné répondre à la lettre de la Coordination datée du 21 décembre et transmettant ses appréciations sur les réponses du Gouvernement.
J’ai donné des instructions expresses à la commission technique pour améliorer dans la mesure du possible, les réponses du Gouvernement .Il convient de relever que les enjeux sont importants à ce niveau. La coordination soulève des problèmes dont le traitement a des incidences financières considérables. Les engagements du gouvernement pour l’amélioration du système éducatif, mais aussi la question du statut qui implique à la fois une incidence financière et des risques d’autres revendications difficiles à contenir. L’incidence financière et des risques d’autres revendications difficiles à contenir. L’incidence globale minimale de la plateforme tourne au tour de 50 milliards de FCFA. L’évolution de la masse salariale globale a été très forte entre 2013 et 2017.Elle est passée de 353,5 milliards à 630 milliards soit à peu près le double, sans tenir compte des engagements pris avec certains syndicats pour 2018. Néanmoins, il est de ma responsabilité en tant que chef du gouvernement de les examiner et d’y apporter une réponse à la hauteur de la satisfaction minimale des syndicats et dans les limites de la soutenabilité des finances publiques.
Les négociations ont repris alors le 4 janvier et se déroulent normalement dans un esprit que les deux parties ont jugé cordial.
A ce jour, après trois journées de négociations, 8 des 23 points ont été examinés et le Gouvernement a pris des engagements pour apporter des améliorations au système éducatif. Sur la question du statut, les deux parties ont contenu d’en discuter après examen des avant-projets de textes élaborés à Koudougou. Mais les discussions se poursuivent sur les autres points de la plateforme.
La politique de mon gouvernement en matière sociale est de privilégier le dialogue. Les partenaires souhaitent souvent un traitement diligent de leurs préoccupations. Mais il faut prendre le temps d’étudier les plateformes revendicatives contenant des préoccupations aussi nombreuses qu’urgentes et aussi en termes de pertinence. Le Gouvernement a conscience de sa responsabilité vis-à-vis du droit des travailleurs, de son devoir d’amélioration des conditions de travail. Il prend des engagements pour apporter des réponses dans la mesure du possible.
En tant que chef de Gouvernement, je ne néglige aucun dossier, aucun partenaire. Je prends mes responsabilités lorsque la situation l’exige. C’est pour cela que je reçois les syndicats pour comprendre leurs préoccupations avant d’engager le dialogue.
J’en appelle au sens du devoir de l’ensemble des travailleurs, au respect des valeurs fondamentales de la Fonction Publique, en particulier au respect de l’intérêt général et de la continuité du service public.
Je réitère mon engagement au dialogue en vue de la recherche de la paix sociale. Sur ce, j’invite la coordination à la retenue. Je l’invite à appeler les travailleurs à la reprise des cours et des évaluations afin de sauver l’année scolaire. L’année scolaire est menacée, et j’en appelle au salutaire sursaut patriotique de tous pour éviter une année blanche.
A toutes les organisations syndicales, en particulier de la Fonction publique, je lance un appel sur leur devoir de la responsabilité. Son Excellence Monsieur le Président du Faso a donné une orientation nouvelle au dialogue en annonçant la réforme des systèmes de rémunération pour plus de justice sociale. Il est de l’intérêt de la nation tout entière que nous entreprenions cette importante réforme.
La mise en œuvre du PNDES ne peut réussir dans un climat de tensions sociales. C’est résolument que mon gouvernement veut sortir de la crise pour aborder dans un climat de sérénité les grands chantiers qui conduiront au développement économique et au progrès social.

H G

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Il y a 1 commentaire(s) pour cet article

posté le 11 janvier 2018, par Ka

Monsieur le premier ministre, avec cette histoire des enseignants et les élèves, il est temps que vous mettiez de l’’eau dans votre vin même si vous êtes étranger dans votre propre pays d’origine : Le problème dans l’enseignement de notre pays ne date pas de nos jours, il date de la réforme agraire voulu par la révolution inachevée de l’idéologue Thomas Sankara : Et chaque régime arrivant au pays des hommes intègres se découle avec son problème de ses enseignants. Mais vous, vous aviez un don pour régler votre problème des enseignants avec les fonds du PNDES que tout le monde veut sa part du gâteau, et non seulement soudoyer les magistrats avec pour se couvrir. Alors mettez une fois de l’eau dans votre vin pour régler une fois pour tout ce problème des sit-in des enseignants et élèves, au lieu de jouer le Rambo avec une classe de lutte Burkinabé cité en exemple dans toute l’Afrique pour sa vitalité.

Ce que vous ignorez monsieur le premier ministre, c’est que dans notre pays, la lutte des classes existe depuis la nuit des temps, même au moment de la société esclavagiste qu’a connu notre société, il y avait ce temps des classes opprimées qui luttaient contre les rois et autres privilégiés qui les exploitaient. Avec l’introduction en Haute-Volta du capitalisme ou la lutte entre patronat et ouvriers, entre les gouvernants comme Maurice Yaméogo, Lamizana, la lutte des classes ont fait la différence comme le soulèvement populaire du 3 Janvier 1966, les grèves de 1968, de 1975, de 1980, la lutte des ouvriers de la Bravolta contre leur patron en 1983. Pour mieux mener ces luttes contre la minorité prédateurs, les travailleurs comme les enseignants aujourd’hui, s’organisent en syndicats qui deviennent des politiques comme les prédateurs qui les exploitent et se croient plus rusés.
Monsieur le premier ministre ne sous estimez pas cette lutte des enseignants.


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