Devant le tribunal
Devant le tribunal : "Maman allait m’envoyer encore chez les Koglwéogos"  28 décembre 2017
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ZOODOACTU.Triste histoire, mais ce qui est évident est que les faits sont avérés. Lionel M. est poursuivi pour vol à l’arrachée d’un téléphone portable. La victime est dame Soro. Le prévenu, âgé de 25 ans et étudiant, détenteur du diplôme de la Licence qu’il a obtenu par ailleurs cette année, a comparu pour répondre des faits qui lui sont reprochés, cela devant le Tribunal de grande instance de Ouagadougou, ce mardi 26 décembre 2017.

24 novembre 2017. Lionel, le prévenu, emprunte la moto de sa sœur pour faire une course, étant donné que lui-même n’en possède pas. Il fait ses courses, et en retournant à la maison, il voit dame Soro dans sa voiture, qui tenait par ailleurs deux téléphones portables, et dans la foulée, il s’empare de l’un d’entre eux et fonce. En voulant prendre un virage, et surtout qu’il est poursuivi par la victime qui criait "Au voleur", il tombe. Le téléphone se retrouve aussi sur le sol, et dame Soro vient récupérer son bien.

Elle explique qu’après cela, elle est repartie. C’est en repartant donc qu’elle a constaté que les badauds étaient déjà présents et tabassaient le prévenu. Elle n’a pu que continuer sa route, parce qu’elle avait un rendez-vous au jardin du SIAO.

Ainsi donc, après avoir été copieusement tabassé, Lionel se retrouve chez les Forces de l’ordre qui l’ont récupéré à temps...

Les parents, qui attendaient patiemment leur fils, et ne le voyant pas, vont alors commencer à s’inquiéter. La mère explique que toute la nuit, elle n’a pas fermé l’œil. Car pour une course, et jusqu’au petit matin sans suite, il y a un problème. C’est trois jours après que la police a appelé le père pour lui dire que leur fils est en garde-à-vue chez elle et qu’il faut venir.

Le père s’y rend et on lui explique l’affaire. De là donc, les parents ont eu le cœur net que leur enfant était toujours en vie.

Lionel , interrogé à la barre, a reconnu les faits. Il explique qu’il ne sait pas ce qui l’a emmené à commettre cet ace. Il confie qu’en fait, il a perdu son téléphone, et donc, il lui fallait un autre avant de rentrer à la maison, parce que ses parents allaient lui faire des remontrances... Il précise que sa mère allait le punir.

Le Procureur a voulu savoir de quelle punition il s’agissait. Lionel répond que "Maman allait m’envoyer encore chez les Koglwéogos"....

Indignation totale dans la salle. Le Procureur cherche à en savoir davantage, et c’est là que Lionel lui dit que plusieurs fois, il a été emmené par les Koglwéogos, sur ordre de sa mère. Il peut y faire trois ou cinq jours, et souvent une semaine, avant qu’on le relâche. Il n’est cependant pas frappé, mais est attaché aux mains et aux pieds.Il ajoute que souvent, les Koglwéogos le font sortir pour causer un peu avec lui...

Cette déclaration a tellement indigné le Procureur qu’il a tenu à entendre la mère. Celle-ci explique que depuis 2015, son fils est atteint de troubles psychologiques et est cliniquement suivi. Il n’est plus maîtrisable par aucun membre de la famille. Elle donne des exemples de soins qu’elle lui administre jusque-là, sauf que présentement il est en prison. Elle raconte que souvent elle est obligée de fuir la maison, parce que la menace de son fils est si pesante qu’elle craint pour sa peau. D’où donc souvent ce recours aux Koglwéogos, pour le calmer de temps à autre.

L’avocate de Lionel est venue questionner son client qui a fait des révélations. En effet, Lionel a étudié au Maroc et est revenu sans diplôme, parce qu’il était chaque fois remonté contre non seulement ses camarades étudiants, mais aussi ses professeurs et la communauté burkinabé qui y vit. Selon lui, tout le monde parle en mal de lui, ce qui fait qu’il est marginalisé. Une sorte de paranoïa, en résumé. Il est donc revenu du Maroc avec ce symptôme-là, et qui le poursuit apparemment..

Triste histoire, tout de même. Le Procureur, pour sa part, est catégorique. Si toutefois la mère le conduit encore chez les Koglwéogos, qu’il vienne déposer plainte. Pour ce qui concerne le vol, il en est coupable, et il a été requis contre lui la peine de prison de 12 mois avec sursis. Le tribunal en statuera ainsi, tout en recommandant au prévenu de faire attention, car il met ainsi sa vie et celle des autres en danger.

Claire Leboeuf

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