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L’approche microsociologique de l’échec scolaire  1er juillet 2012
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ZOODOEDUCATION. Au lendemain des examens scolaires du Certificat d’Etudes Primaires et du Brevet d’Etudes du Premier Cycle et en attendant les résultats du Baccalauréat et les chiffres officiels des différents ministères en charge de l’éducation dans notre pays, force est de constater que ceux du BEPC sont en net amélioration par rapport aux résultats des années antérieurs. Et le souci qui hante chaque enseignant, élève et parent d’élève en cette période se trouve être le phénomène de l’échec scolaire qui annihile les efforts consentis par les différents acteurs de l’école. Nous saisissons donc l’occasion pour réfléchir sur le phénomène de l’échec scolaire au Burkina Faso selon les approches micro et macro sociologiques pour mieux maitriser les causes et proposer quelques pistes de solutions.

L’efficacité d’un système éducatif se mesure à travers l’atteinte des objectifs à lui fixés en termes d’acquisition des connaissances par l’apprenant. Mais il arrive que ces prévisions ne se réalisent pas. On parle alors d’échec scolaire qui pourrait se définir comme « l’insuccès des élèves à maîtriser les mécanismes des apprentissages scolaires fondamentaux ; à s’approprier les connaissances transmises par les maîtres » Ce phénomène toucherait plus fortement les enfants des milieux défavorisés fixant et aggravant la sélection sociale.
Pour notre part, l’échec scolaire est une situation où un élève, pour des raisons liées à ses caractéristiques individuelles, à l’environnement scolaire, familial ou politique est incapable de suivre avec succès les apprentissages à lui assignés. L’échec scolaire se manifesterait alors par les mauvaises performances, des notes en deçà du seuil minimal exigé, le redoublement, l’abandon, l’exclusion, la non obtention du diplôme de fin de cycle, ou l’incapacité du sortant à mettre en valeur son diplôme sur le marché du travail. Les causes justifiants l’échec scolaires sont énormes.


L’éducation familiale

Selon certaines conclusions de l’approche microsociologique, l’éducation familiale peut, dans certains milieux, causer l’échec de l’enfant dans son cursus scolaire. Dans les milieux défavorisés en effet, la pensée de l’enfant n’est pas assez stimulée ; le climat familial ne permet pas de valoriser ni d’encourager l’enfant. Le code linguistique et les pratiques éducatives ne permettent pas une meilleure adaptation scolaire.

Ces pratiques défavorables expliquent en partie l’échec scolaire au Burkina Faso. En effet l’éducation familiale dans notre pays se caractérise par un certain nombre d’aspects défavorables à l’adaptation et la réussite scolaire. On note la faiblesse de la stimulation de la pensée enfantine, notamment par l’étouffement de la curiosité et de l’esprit de questionnement, la prescription des conduites à tenir sous peine de punition, l’absence d’initiative laissée à l’enfant. A cela s’ajoute la prédominance de l’oralité et l’utilisation des langues nationales alors qu’à l’école, c’est l’écrit et l’oral en français qui prédominent.

Les relations parents-école

A ce niveau, les recherches de quelques pédagogues comme Chauveau, E. Rogavas-Chauveau et B. Lahire ont montré que l’échec scolaire est souvent dû à un déficit de communication ou à la dissonance entre l’école et la famille en Europe. Cette situation est aussi valable au Burkina Faso.
En effet, les relations qui génèrent l’échec se caractérisent tout d’abord par le déficit de communication entre parents et enfants d’une part et d’autre part entre les parents et l’école. Bon nombre de parents après avoir inscrit leur enfant à l’école pensent avoir fait totalement leur devoir et que le reste du travail appartient à l’enseignant dans sa classe. Ils ne pensent pas devoir ou pouvoir se rendre à l’école pour s’enquérir du travail de leur progéniture. Ce que les enseignants considèrent comme un manque de considération pour les efforts qu’ils consentent dans l’encadrement des enfants. Ces différentes situations font que des problèmes comme l’absentéisme, les retards, la non révision des leçons à domicile, etc. perdurent et débouchent sur l’échec.

De plus, dans certaines familles, le vécu scolaire de l’enfant ne fait l’objet d’aucune préoccupation. Il arrive même que les parents ne sachent pas dans quelle classe (niveau d’études) se trouve leur enfant. C’est la situation de dissonance où l’enfant se sent « seul », sans soutien familial à affronter les règles du jeu scolaire, à vivre son angoisse scolaire.

Aussi, dans les milieux sociaux défavorisés notamment, la plupart des parents sont analphabètes et ne peuvent pas ou ne savent pas guider ou soutenir leurs enfants dans leurs apprentissages. Les difficultés rencontrées par l’enfant à l’école restent donc en l’état et conduisent progressivement à l’échec scolaire.

Il arrive également que certains parents trouvent les méthodes de l’école non appropriées pour l’éducation de leur enfant. C’est ainsi que dans le cadre de l’éducation morale, des tenues vestimentaires considérées comme indécentes par des enseignants créent souvent des affronts entre eux et certains parents des milieux favorisés. S’en suit une frustration des enseignants pouvant conduire à un isolement tacite des élèves concernés dans la classe conduisant à leur échec à moyen ou long terme.

Le rapport au temps

Cette approche montre que les apprenants en échec se caractérisent dans une certaine mesure par une absence de perspective sur le long terme ; ils n’ont pas de projet et leur rapport au temps est tactique. C’est un rapport déstructuré par le fait qu’au niveau familial ils manquent de repère sur les règles du jeu scolaire et sur la perspective d’un plan de carrière.

Au Burkina, l’échec scolaire peu également s’expliquer par cette théorie. Dans certaines familles, les parents n’ont ni d’expérience scolaire, ni un emploi ou une carrière professionnelle enviable. Elles contraignent souvent leurs enfants à s’orienter très vite dans la vie active parce qu’elles n’ont pas la capacité de supporter les longues heures d’études de leurs enfants. Certains se retrouvent sans ambition, sans repère familial. Ils ont comme référence les quelques personnes qui ont réussi dans le privé sans études ou sans longues études. Mais comment parer à l’échec scolaire.

-  Sensibilisation les parents les parents sur les dangers de certaines formes d’éducation traditionnelles qui étouffent l’esprit de curiosité et d’ouverture de l’enfant ;

-  Alphabétiser les parents analphabètes afin qu’ils puissent soutenir leurs enfants ;

-  Mettre en œuvre d’une pédagogie différenciée pour soutenir les enfants en difficultés d’apprentissage ;

-  Promouvoir le bilinguisme à l’école ;

-  prendre en compte les valeurs socioculturelles dans l’élaboration des curricula pour réduire la fracture culturelle entre école et société ;

-  Rendre l’éducation effectivement gratuite et ceci à tous les niveaux d’enseignement afin de parer aux difficultés financières des parents ;

-  Créer un mécanisme qui favorise l’accès des grandes écoles aux enfants des populations défavorisées par la construction de lycées et instituts supérieurs et les systèmes de bourses ;

-  Inciter les parents qui le peuvent à l’épargne éducation par des produits incitatifs au niveau de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale et dans les sociétés d’assurance accessible aux enfants défavorisés ;

-  Couvrir le territoire de médias comme la radio et la télévision en vue de faire passer des séquences de sensibilisation sur la scolarisation.

Les approches microsociologiques de l’éducation nous permettent de percevoir les influences environnementales que subissent les enfants au cours de leurs apprentissages scolaires. Ainsi, la famille par son comportement, ses conditions économiques, ses rapports au temps et à l’écrit et sa collaboration ou non avec l’école peut former un socle sur lequel repose la réussite scolaire de l’enfant ou constituer au contraire une barrière étanche qui bloque les efforts de l’apprenant.
Aussi pensons-nous que pour une société plus juste et prospère, il serait judicieux de mettre en œuvre les solutions ci-dessus proposées. C’est à ces conditions qu’on créera un environnement favorable à l’éclosion des potentialités individuelles de chaque enfant.

BAKARE ZONGO

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