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Devant le tribunal/Agression Adja Divine : " Naba, m’a tiré hors du véhicule "  12 novembre
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ZOODOACTU.L’affaire remonte au mois de mai dernier. L’artiste musicienne Adjaratou Diessongo, avec pour nom d’artiste « Adja Divine », a été agressée et humiliée devant une foule sur le Boulevard France-Afrique. Elle avait été dénudée et avait reçu des coups par une foule de population, pour un prétendu vol d’enfants. Sauf que ce n’en était pas le cas. Ilboudo Jean-Baptiste, dit Naba, était le seul à comparaître en ce vendredi 10 novembre 2017, pour répondre de faits de coups et blessures volontaires, et d’outrages publics à la pudeur. C’était au Tribunal de grande instance de Ouagadougou.

Ilboudo J.B, dit Naba, est veilleur de nuit. Dans la journée, il cherche des contrats dans la zone de Ouaga 2000 pour subvenir aux besoins quotidiens de sa famille, étant donné qu’il a une femme et deux enfants, avec une mère aveugle à sa charge.

Il explique qu’en ce jour du 27 mai 2017, il était en train de creuser un trou qu’il avait eu comme contrat, quand il a vu une grande foule qui partait vers la station Petrofa située aux abords du boulevard France-Afrique. Il demande alors à l’un d’eux ce qui se passe, et celui-ci lui explique que c’est une voleuse d’enfants que la population a interceptée. Celle-ci aurait volé 3 enfants dans une école publique.

Naba laisse son travail et les suit, en compagnie d’un de ses camarades de contrat, car lui aussi avait un enfant dans l’école publique où l’on disait que la dame avait volé les enfants. Il explique qu’il s’est ensuite frayé un chemin au sein de la foule pour être près de la victime. C’est alors que ceux qui la battaient l’ont poussée vers lui, et il lui a attrapé le cou et lui a demandé si vraiment ce qu’on dit sur elle est vrai, à savoir le vol d’enfants. Il ajoute que la dame n’a pas eu le temps de répondre, car la population l’a bousculée, et lui aussi a profité lui donner un coup de poing.

Les Photos…

Après ces explications, le Président du tribunal fait sortir des photos qu’il lui montre. Il y était là, serrant le cou de la victime, comme pour l’étrangler. Le Président du tribunal lui dit que sur l’image, il est déchainé. Comme s’il voulait en découdre coûte que coûte avec la victime, car même le policier qui était à côté n’a rien pu faire…

Naba réagit en disant que surement que les photos sont d’une apparence exagérée, parce que ce n’en est pas ainsi.
Il ajoute aussi qu’il a même reçu un coup sur la tête, présente la blessure au tribunal et explique que la dame a dit qu’elle venait de Tingandogo, situé à la sortie sud de Ouagadougou. Et dès qu’il appris cela, parce qu’il vient aussi de la même zone, il a essayé de la protéger, mais a reçu le coup sur la tête.

Le tribunal lui demande ensuite si toutefois la dame était dénudée quand il était sur les lieux, et il explique que c’est après être parti qu’il a appris cela. En d’autres termes, il n’a pas contribué à dénuder la victime…

Le prévenu dit que quand il a appris que c’était une voleuse d’enfants qui a été interceptée, il n’a pas hésité à suivre la foule. Il se disait que c’était une œuvre d’utilité publique et donc une affaire commune, d’autant plus qu’il a son enfant dans la même école.

Le tribunal lui demande ensuite si toutefois il a vu un bébé dans le véhicule de la dame, et il répond qu’il n’est même pas allé vers le véhicule, mais sur les lieux de l’attroupement. Le tribunal lui dit alors qu’il n’est pas policier, pour agir ainsi, parce que les Forces de l’ordre étaient présentes, et lui fait savoir qu’il ne faut pas se fier aux rumeurs pour aller s’attaquer ainsi à une personne, quel que soit ce que celle-ci aurait fait, car rien n’est sûr et la loi est présente pour régler ces genres de situation.

Adja Divine explique…

La victime revient sur les faits, en ce jour noir du 27 mai. Elle explique qu’elle est sortie de chez elle pour aller chercher du lait pour son enfant, dans une alimentation située aux abords du boulevard . En cours de route, elle reçoit un message de sa société d’assurance qui lui dit que l’assurance de son véhicule expirait.

Elle ne prend pas le soin de lire jusqu’au bout le message. Elle explique qu’elle ne l’a pas fait, parce que généralement, c’est le jour-J de l’expiration que les messages lui parviennent. Sauf que cette fois-ci, il était écrit que c’était le 1er juin, donc dans quelques jours, puisque nous étions le 27 mai.

C’est donc ainsi que dans sa course, elle aperçoit des policiers postés pour des contrôles. Prise de panique, elle dévie, entre dans un 6 m, non loin de l’alimentation, gare son véhicule et va chercher le lait de son enfant. Elle ressort de l’alimentation, reprend sa voiture pour s’en aller. En cours de route de retour, elle aperçoit dans son rétroviseur deux jeunes sur des motos qui lui disent de s’arrêter, du signe de la main. Elle continue néanmoins, parce qu’elle ne les connait pas. Ensuite, ce sont quatre autres jeunes sur des motos, et au finish, elle aperçoit deux policiers, dont l’un assis à l’arrière d’une moto et tenant une Kalachnikov, qui lui barrent la route et lui intiment l’ordre de s’immobiliser. A la vue des policiers, elle se sent rassurée. Elle descend, les policiers lui demandent ensuite les papiers de sa voiture qu’elle leur remet, lui font ouvrir le coffre, vérifient, et celui qui conduisait la moto dit que tout est en règle, donc il faut la laisser partir. C’est là que celui qui tenait la Kalach dit niet et qu’il va falloir qu’elle les suive à la brigade. .

C’est en ce moment que la foule a commencé à affluer, et la victime explique que certaines personnes criaient à la voleuse d’enfants. Les policiers lui disent alors de remonter dans la voiture pour le commissariat de Boulmiougou, ce qu’elle fait par ailleurs, et pendant qu’elle roulait, des gens étaient en train de les poursuivre et certains frappaient l’arrière de son véhicule à coups de machette. Elle explique qu’elle a roulé jusqu’au feu de la station Petrofa, et a demandé au policier armé de Kalach qui était avec elle dans la voiture si elle pouvait appeler son mari ou sa sœur, vu la situation, mais celui-ci a refusé.

« C’est par eux que tout cela est arrivé »…

C’est au feu tricolore de la station de carburants Petrofa que la foule les a rattrapés, étant donné que la voie était embouteillée. Adja Divine explique alors que c’est sieur Naba, le prévenu, qui est venu ouvrir la portière, lui a tiré hors du véhicule en lui demandant où sont les enfants. Elle ajoute qu’elle avait un foulard autour du cou que celui-ci a retiré violemment, avant de lui serrer le cou. Elle explique qu’elle a été ainsi battue, du feu de Petrofa à celui de l’alimentation. Le policier qui était avec elle n’a même pas daigné dire aux badauds qu’elle n’avait pas volé de bébé, et a même voulu s’enfuir, mais c’est elle-même qui l’a retenu par ses habits parce que c’est par eux que tout cela est arrivé. Outre cela, elle explique que Naba voulait s’emparer de son sac-à-mains, mais elle l’a confié audit policier.

Adja Divine explique son salut grâce à une patrouille de CRS qui passait et qui a calmé l’ardeur de la foule, avant que les Sapeurs-pompiers ne viennent la chercher pour les premiers soins au CMA du secteur 30, et ensuite à l’Hôpital Blaise Compaoré.

Le procureur du Faso est revenu sur certains points qui concernent l’affaire. Il explique que les policiers en question ont été entendus, ainsi que des témoins qui ont parlé en faveur de la victime, mais qui ne reconnaissent pas sur la vidéo et les photos les personnes susceptibles de poursuites judiciaires.

En d’autres termes, personne ne veut véritablement témoigner, ce qui est donc difficile pour le parquet de mener ses investigations. Outre cela, le Procureur estime que la partie civile qu’est la victime peut continuer ses investigations, de son côté aussi. Car ce n’est pas que le ministère public ne prend pas cette instruction au sérieux, bien au contraire, et, ce procès vient pour tous les badauds qui entendent des rumeurs et qui viennent commettre des actes comme s’ils étaient des justiciers.

Par ailleurs, il demande à Naba si toutefois l’on dénudait ainsi sa femme en public, il serait d’accord, mais l’accusé répond toujours qu’il ne l’a jamais fait sur la victime. Le Procureur a requis contre lui la peine de prison ferme de 48 mois.

Pour les conseils de la victime, les faits sont clairs que Naba est coupable des faits qui lui sont reprochés. Ils expliquent que leur cliente ne demande pas de dédommagement, malgré les certificats médicaux, juste 1F symbolique, mais estiment que celui-ci doit être puni à hauteur de ses forfaits, afin de dissuader toute personne qui viendrait à humilier une femme de la sorte en la déshabillant devant une foule. Car cette affaire est le procès de toutes les femmes, qui se sentent touchées dans leur intimité.

Le tribunal a condamné Ilboudo J.B dit Naba à une peine de prison de 36 mois ferme.

Claire Lebœuf

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Il y a 2 commentaire(s) pour cet article

posté le 13 novembre 2017, par Wennonga Tounsba

Horrible ce qui est arrivé à dame Divine mais condamner cette partie de l’affaire et ne rien dire sur son incivisme, même sous forme d’avertissement, me parait injuste. Espérons que le procès se poursuit.


posté le 13 novembre 2017, par Kôrô Yamyélé

- Regardez bien le visage de Ilboudo Jean-Baptiste, dit Naba qui a saisi le cou de la bonne dame et lisez-y son instinct de bestialité ! Il se balade à Ouaga 2000 pour chercher du boulot ? Celui qui va se hasarder à donnet du job à ce type risque d’être tué un jour par lui. Regardez sa figure qui se délectait déjà de la mort de cette bonne dame !

Par Kôrô Yamyélé


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