Devant le tribunal
Devant le tribunal : une affaire simple, apparemment, mais qui a fait transpirer les juges...   7 novembre 2017
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ZOODOACTU.Une histoire assez simple, apparemment, mais qui a fait transpirer le Tribunal de grande instance de Ouagadougou ce mardi 07 novembre 2017, dans une affaire d’abus de confiance portant sur la somme de 205 000 FCFA et dont le mis en cause est K. Mathieu. Le plaignant est son ex patron, Z. Isidore.

Les faits, selon les explications, sont que dame A. Hélène, de nationalité étrangère, est venue dans la boutique où vendait Mathieu, pour y acheter un congélateur. Elle était accompagnée d’un démarcheur, et ce jour-là, elle a versé la somme de 305 000 FCFA et a reçu des mains de Mathieu, le gérant, un reçu sur lequel était écrit "Payé-non livré", car dame Hélène voulait revenir chercher son bien après.

Mais celle-ci revient plus tard et explique que quand elle est arrivée chez elle, on l’a informée du décès de sa mère au Togo, et donc, elle veut s’y rendre. Elle explique cela à Mathieu, qui, à son tour l’explique à son patron, Z. Isidore, et finalement, elle ressort avec la somme de 100 000 FCFA, parce que le patron a dit qu’elle ne pouvait pas avoir la moitié de la somme versée.

Mathieu lui établit ensuite un bon de 205 000 FCFA, déduisant les 100 000 FCFA que celle-ci a pris sur les 305 000 FCFA et lui dit qu’elle a donc droit à un congélateur du même montant de 205 000 FCFA.

Sauf que sur ce bon, il a été cacheté "Payé-livré". Et c’est là où les choses sont devenues complexes, parce que quand dame Hélène est revenue du Togo, elle est allée pour chercher son congélateur avec son bon tamponné "Payé-livré". C’est là que Zongo est étonné de la chose, parce qu’un bon "Payé-livré" ne peut plus se retrouver encore en situation de livraison.

La dame explique l’affaire, et est ensuite remboursée avec la somme de 205 000 FCFA par le patron, Z. Isidore. Selon les explications de celui-ci, Hélène avait dit à Mathieu qu’elle reviendrait compléter l’argent qu’elle a pris et emporter son congélateur de 305 000 FCFA. Et c’est ce qu’elle a fait en venant à la boutique.

Sauf que Mathieu et son patron étaient séparés depuis un bon bout de temps, et celle-ci venait après tout cela.

Mathieu explique que quand dame Hélène est venue payer les 305 000 FCFA pour son congélateur, sieur Z. Isidore a reçu l’argent et a même remis la somme de 25 000 FCFA au démarcheur qui a conduit la dame dans leur boutique. Il ne comprend pas pourquoi Isidore le poursuit pour dire qu’il a détourné 205 000 FCFA, alors que dame Hélène a versé la totalité de la somme entre les mains de celui-ci.

Il reconnait que son erreur a été de mettre un cachet marqué "Payé-livré" à dame Hélène, mais il ne savait pas que la dame allait revenir chercher ce congélateur, par ailleurs moins grand, antérieurement. Et quand il a appelé le livreur en taxi-moto pour cela, c’est là que dame Hélène lui a dit qu’elle allait revenir plus tard. Ce qui veut dire donc que celle-ci est partie avec le bon marqué "Payé-livré", sans pour autant emporter son bien.

Mathieu explique qu’il était obligé de rentrer vite dans la boutique pour s’occuper d’autres clients, parce qu’il est seul à faire le travail. Ce qui fait qu’il a laissé partir dame Hélène.

Sauf que plus tard, il a été appelé par son patron qui lui a demandé de venir à la boutique. Cela après qu’ils se soient séparés, évidemment, et il explique que son patron ne lui a rien dit sur ce qu’il y avait, ni que c’est dame Hélène qui était présente, ni quoi que ce soit. Si bien qu’il ne s’y est pas rendu...

Le Procureur a voulu savoir si le jour où Mathieu partait après ses heures de travail, le jour où dame Hélène est venue verser les 305 000 FCFA, il y avait eu des pertes constatées. Isidore, le patron, répond que c’est hebdomadairement qu’il fait l’inventaire, et qu’il n’a pas constaté de perte. Le procureur lui demande alors pourquoi il veut que Mathieu lui rembourse la somme de 205 000 FCFA, puisqu’il n’y a pas de de perte et donc l’argent doit se trouver à son propre niveau.

De confusion en confusion, Isidore le patron ne savait même plus que dire. Ses explications étaient vagues, si bien que toute la salle d’audience était en éclats de rires.

Au finish, le procureur a demandé la relaxe pure et simple de Mathieu, au bénéfice du doute. Le délibéré est pour ce 14 novembre prochain.

Claire Leboeuf

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