Devant le tribunal
Devant le tribunal : enseignant et incivique...  3 novembre
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ZOODOACTU.K. Ouédraogo a comparu devant le Tribunal de grande instance de Ouagadougou (TGI) pour répondre de faits de refus d’obtempérer et de voix de faits envers trois agents des Forces de défense et de sécurité (FDS). C’était ce jeudi 02 novembre 2017.

Enseignant de profession dans un lycée de la ville de Bobo-Dioulasso, K. Ouédraogo a comparu devant le tribunal et a dès lors reconnu les faits. Il explique que c’est ce 29 août passé qu’il se rendait à la maison et a profité faire un crochet au marché Boins-yaaré, juste à droite, en venant de l’Archevêché, pour y acheter de la viande avec les bouchers qui s’y trouvent. Donc, juste à côté du feu. A sa grande surprise, il voit un policier qui vient, cela pendant qu’il avait déjà tourné et constaté que les bouchers étaient absents, et voulait reprendre sa voie pour aller vers les 1200 logements.

Le policier en question vient donc, lui dit qu’il a brûlé le feu tricolore, et lui demande s’il pense qu’il est plus malin que lui. Ouédraogo lui répond qu’il n’a pas brûlé le feu, mais qu’il a fait juste un crochet pour acheter de la viande. Etant donné que les bouchers sont absents, il fait donc demi-tour. Le policier avance vers sa moto, essaie de retirer la clé qui était sur le contact, et, Ouédraogo est propulsé sur la voie, étant donné qu’il avait la main sur le poignet. Il se relève avec une blessure à la cheville, due à sa chute, et, selon ses propres dires, il a dit au policier : « Imbécile-là, tu veux me blesser ou quoi ? »

Deuxième interpellation…

Le policier en question n’a rien dit et est reparti à son poste. Plus tard, quand Ouédraogo a pris sa moto et continué son chemin, il est interpellé par un autre policier, à près de 300 m, soit au deuxième feu allant vers l’autre versant de l’Eglise Saint Camille, où il y a les deux voies.

Il explique qu’arrivé et après s’être immobilisé au feu, comme tout le monde, un policier est venu et lui a intimé l’ordre de descendre de son vélomoteur. Il cherche alors à savoir pourquoi, et ce sont deux gifles qu’il reçoit en guise de réponse. Un autre agent, qui était à côté, vient, et demande à son collègue de ne pas agir de la sorte devant les gens.

Ouédraogo poursuit qu’il est ensuite privé de sa moto par la force. Ses clés tombent, et il essaie de les récupérer. C’est là que le même policier qui a flanqué les claques revient et met son pied sur le sien, à la partie où il a été blessé auparavant lors de la première interpellation. Il explique que sous la douleur, le seul réflexe était d’ôter ce pied de sa blessure, et, il a soulevé le pied de l’agent.

Il estime que c’est ce geste qui a fait penser aux autres agents qu’il voulait l’agresser, pendant que ce n’était pas le cas.

Il est donc conduit au Service régional de police de Ouagadougou, sis au quartier Wemtenga. Il explique que là-bas, il a été violenté dès son arrivée. Il a d’abord reçu deux coups de poings d’un policier en civil. Il est resté assis à attendre pendant près de 2 h de temps, et c’est d’autres agents dans un véhicule qui sont venus le chercher pour l’envoyer au Commissariat central de police de Ouagadougou. Bien avant de l’embarquer, il déclare avoir reçu des claques, des coups de bottes, entre autres violences…

C’est ainsi qu’il est arrivé au Commissariat central de police pour audition pour le procès verbal.


Le procès-verbal...

Dans le procès-verbal (PV), il n’est nul fait cas des violences signalées au tribunal par Ouédraogo. Il explique que dès lors, il a demandé à un policier si ces violences étaient justes. Celui-ci lui a tout simplement dit que c’était leur droit. Il n’a donc pas cherché à contredire quoi que ce soit, lui-même voulant simplement que cette affaire passe afin qu’il ait la tranquillité. Le Procureur lui demande ensuite pourquoi il n’a pas lu le PV en question avant de signer. Il répond que c’est quand l’on l’a fait sortir pour préparer du haricot pour ceux qui sont au violon, qu’on l’a appelé pour signer. Il dit qu’il n’a pas cherché à vérifier ce qui était écrit, parce qu’il voulait tout simplement que cette affaire finisse…

Enseignant et incivique ?

Le procureur l‘a sermonné dans sa manière de se comporter avec les FDS qui sont jour et nuit présents pour la sécurité des populations, pendant que lui-même, qui est enseignant, ne donne pas le bon exemple. Il lui a dit néanmoins que si toutefois il s’estimait lésé par les violences qui lui ont été faites par les FDS, il peut toujours porter plainte, parce que nul n’est au dessus de la loi. Il exhorte Ouédraogo à savoir garder son sang-froid en toute circonstance, parce que sa manière de faire n’est pas du tout un bon exemple. Il a requis contre lui une amende de 300 000 FCFA ferme. Le prévenu risquait trois mois de prison pour le refus d’obtempérer, et 3 ans pour les voix de faits. Le procureur estime qu’il a besoin d’aller enseigner, parce que cela fait plus de deux mois qu’il est à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO), et, comme il enseigne dans une filière technique, dont les enseignants sont rares, il y va du bienfait pour les élèves. Outre cela, il risquait d’être radié de la fonction publique, s’il était condamné ne serait-ce qu’à trois mois de prison ferme…

Les Conseils de Ouédraogo ont plaidé pour sa cause en soulignant le fait que celui-ci ait passé tout son temps à demander pardon. Ils ont demandé sa relaxe, car une faute avouée est à moitié pardonné, et que nul n’est à l’abri de l’erreur…

Le prévenu demande pardon aux policiers qu’il a eu à offenser. Il pense également à ses collègues enseignants, qui se sentiront frustrés par ce qui est arrivé par ce qu’il a fait, et promet ne plus s’y refaire prendre.

Il a été condamné à une amende de 200 000 FCFA ferme par le tribunal…

Claire Lebœuf

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Il y a 5 commentaire(s) pour cet article

posté le 3 novembre 2017, par LAICO

Cette histoire aurait dû s’intituler : Le jeudi noire de Monsieur OUEDRAOGO.
Je suis quand même surpris qu’après la série de bastonnades subie de la part des policiers , qu’après avoir même préparé du benga pour les prisonniers , le professeur qu’il est ne songe pas porter plainte contre la police !!!!


posté le 3 novembre 2017, par milas

Merci à la police pour le service rendu à la nation. Mais notons aussi que certains policiers exagèrent souvent ou apprécient très mal la position des usagers et pire sont les premiers à insulter.


posté le 3 novembre 2017, par Kôrô Yamyélé

’’......pendant que lui-même, qui est enseignant, ne donne pas le bon exemple’’.

- Mr le Procureur, au vu du récit ce sont les policiers qui devraint être à la barre pour double infraction : coups et blessures sur un citoyen et faux et usage de faux sur PV d’audition.

Mais je n’envie pas cet enseignant qui se comporte en vrai paysan parce qu’il aurait dû porter plainte systématiquement contre ces policiers !

Par Kôrô Yamyélé


posté le 3 novembre 2017, par RAZOUGOU

Par rapport aux infractions commises sur la voie publique, il devrait y avoir une voix de recours. Il arrive qu’on vous accuse a tord d’être en infraction et devant le flic tu ne peux jamais avoir raison. Ceci n’est pas normal. Ce n’est pas parce qu’on est policier qu’on dit tjrs la vérité.


posté le 3 novembre 2017

Je suis déçu de l’attitude des FDS de toute façon je n’ait jamais aimer la police burkinabé à cause des ces genre d’attitude si ils sont assez fort que ça il fallait riposter fasse au djihadistes au lieu de fuite leurs poste


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