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Hawa Boussim : “Ma vie, mon mari et mes co-épouses”  10 octobre
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ZOODOACTU. En attendant la publication de son album complet en octobre, Hawa Boussim confirme avec Koregore, un single qui tourne bien dans les radios et chaines de télé. La chanteuse burkinabè parle de sa carrière et de son foyer polygame.

Depuis six ans, Hawa Boussim est la nouvelle coqueluche de la musique burkinabè. A quelques différences près, son histoire musicale ressemble à celle de la Capverdienne Cesaria Evora. Elle commence très tôt la musique, mais le succès et la reconnaissance arrivent tardivement. Personne ne lui prédit un destin international dans sa carrière. Hawa Boussim anime les baptêmes, les mariages, les funérailles et autres fêtes de réjouissances dans son village de Kipoura, dans le département de Zabré, à près de 200 Km de Ouagadougou. Elle est Bissa de la région du Boulgou, au centre-est du Burkina Faso. Elle arrive à Ouaga en 2011 pour participer à un festival organisé par l’association Kafosé qui réunit dans la capitale la communauté originaire, comme elle, de la région de Zabré. Bonne nouvelle, Hawa remporte le premier prix. Un de ses parents, Jean Pierre Boussim, Directeur de la Radio de Zabré, l’aide à enregistrer son premier album. C’est le début d’une belle histoire dans le show-biz. ‘’Mobidoré’’, son premier disque est bien accueilli par les médias et le public. Elle participe à plusieurs émissions télé et radio. Ses pas de la danse Djéka de sa région natale séduisent. Elle est à tous les grands rendez-vous culturels du Faso : FESPACO, SIAO, SITHO, Le Festival des Nuits Atypiques de Koudougou ainsi que les sommets des Chefs d’Etats.

Aux Kundé 2013, la prestation d’Hawa est stoppée par une coupure d’électricité. Mais sans se décourager, la chanteuse continue son show a capella. La salle des Banquets de Ouaga 2000 tombe sous le charme de son immense talent et son audace à faire fi des aléas techniques. Parmi ceux qui sont séduits par Hawa Boussim, il y a l’animateur ivoirien Yves Zogbo Junior, l’un des maîtres de cérémonie ce soir-là. Il invite la chanteuse à Abidjan pour l’enregistrement d’un numéro de l’émission populaire Afrique Etoiles. Elle participe par la même occasion à Karaoké, une autre émission à succès de la RTI et se produit au MASA (le Marché des Arts et du Spectacle Africain). Partout où Hawa passe, c’est toujours la même ferveur et le même enthousiasme. La carrière de la fille de Kipoura dépasse désormais les frontières burkinabè, voire africaines. L’Europe et les Etats-Unis lui tendent les bras.

En 2017, son bon parcours artistique est salué par une bonne nouvelle. Hawa Boussim signe chez le label Sony Music Entertainment Côte d’Ivoire. La chanteuse est désormais une grande ambassadrice de la musique burkinabè. En attendant la publication de son prochain album, elle sort Koregore, son premier single sous la licence Sony Music.

. Et votre séjour à Abidjan ?

– J’étais là dans le cadre de la promotion de mon single ‘’Koregore’’ précédant la sortie de mon prochain album. On a commencé par Ouaga et on a fini par Abidjan. Dieu merci, ça se passe bien ! On a profité du séjour pour tourner également le clip du 2è single de l’album.

. C’est quoi ‘’Koregore’’ ?

– C’est une chanson qui parle du gaspillage alimentaire ! J’invite surtout les femmes à gérer convenablement le peu de céréales qu’on leur donne pour pouvoir nourrir la famille.

. Vous le dites avec quel genre musical ?

– C’est un mélange de tradi-moderne et de sonorités internationales. Tout remonte au début de ma carrière musicale entamée à l’âge de 14 ans. J’allais dans les cérémonies telles que les baptêmes, pour chanter et danser. Juste après, j’ai été la première lauréate du festival Kafosé. C’est comme ça que j’ai été encouragée à aller en studio. Tout ce que je fais part donc de la tradition. En gros, je dirai que je fais de la musique tradi-moderne. Le petit plus de ‘’Koregore’’, c’est qu’il y a beaucoup d’évolution vers l’ouverture mondiale.

. Comme quoi ?

– Il y a eu la guitare traditionnelle et des percussions venues du côté du Sénégal. Dans l’album complet, il y aura beaucoup de variétés à cheval sur la musique traditionnelle et la musique moderne. On est resté dans la tradition, tout en se tournant vers l’avenir.

. Quand sortira l’album complet ?

– Tout est fin prêt. Si tout va dans le sens qu’on a prévu, l’album sortira en octobre prochain.

. Quel est le retour après la sortie de ce premier single ?

– Je reçois beaucoup de messages de félicitations et d’encouragements. Les gens me disent de continuer à faire encore plus. Ce qui me donne le courage de travailler encore davantage, pour proposer des chansons qui plairont au public. Je vais toujours essayer de donner le meilleur de moi-même.

. Pensiez-vous signer un jour avec Sony Music quand vous commenciez ?

– Je n’y pensais pas car, j’étais déjà au fin fond de mon village en train de chanter dans les baptêmes, les mariages et les funérailles. A la vérité, je ne pensais pas que j’allais devenir une artiste reconnue un jour. Tout est question de Dieu. Ce que Dieu nous a promis, on va y arriver un jour. Hier, je chantais au village. Aujourd’hui, j’ai signé avec une grosse maison comme Sony, c’est une grande joie. Mais, c’est l’œuvre de Dieu.

. Vous semblez vivre dans un rêve ?

– C’est vrai que tout homme rêve toujours de grandir et c’est peut-être mon cas aujourd’hui. Je travaillais pour devenir quelqu’un demain et peut-être que c’est ce que je suis devenue. Si c’est cela le rêve, c’est que je vis dans un rêve. Sinon pour moi, le meilleur reste toujours à venir car, j’ai beaucoup à proposer.

. Avec toutes ces tournées ici et là, comment arrivez-vous à gérer votre vie de famille ?

– Je vis dans une grande famille polygame. Je suis la 3ième d’un foyer de quatre épouses. Que je sois là où pas, les enfants n’ont pas de souci. Il y a l’entente et l’harmonie entre nous les co-épouses. Quand je suis hors du Burkina, je n’ai pas d’inquiétude. Une fois de retour au pays, je vis ma vie de femme au foyer comme toutes les femmes.

. Votre époux accepte-t-il que vous soyez toujours partie ?

– Mon mari n’a pas ce genre de problème car, il m’a toujours encouragée. Quand je dois aller quelque part, je l’informe et il me donne ses bénédictions. Pour l’instant, il n’y a pas de souci avec mon mari.

. Comment arrivez-vous à vivre dans un foyer polygame ?

– Je vivais déjà la polygamie au village car, je suis une femme du village et ça ne me dérange pas. Et ça ne dérange pas non plus mes coépouses. Elles comprennent aujourd’hui que je sois toujours partie car, je pars pour travailler. Quand je reviens en famille, j’apporte toujours quelque chose à mes coépouses et cela crée la bonne ambiance dans notre famille.

. Combien d’enfants avez-vous ?

– J’ai six enfants. Quatre garçons et deux filles. Mon premier fils est grand et il s’est marié. Ma première fille est aussi grande. Les autres sont en train de grandir. On se bat pour leur éducation et chacun fera ce qui lui plaira. On leur apportera nos encouragements et notre soutien.

. Êtes-vous allée à l’école ?

– Non !

. Accepterez-vous que vos enfants n’aillent pas à l’école ?

– Pas du tout. Car je connais l’importance de l’école. Si j’avais été à l’école, je n’aurais pas besoin d’interprète. J’allais faire directement mes interviews. Je pense que les enfants doivent aller à l’école car cela concourt à leur épanouissement et à leur développement. Grâce à la musique, les plus jeunes de mes enfants vont à l’école. Je souhaite vraiment que mes enfants puissent avoir une porte de sortie grâce à l’école.

. Un message à vos fans ivoiriens ?

– Je vais d’abord dire merci à Top Visages pour l’occasion qu’il m’offre de m’adresser à mes fans. A ces derniers, je dis merci pour les encouragements et le soutien. Je leur dis de continuer à me soutenir car je leur prévois de bonnes choses dans l’avenir. Inch’Allah, l’avenir sera toujours meilleur. Et je me battrai pour ne pas décevoir mes fans.

Par Omar Abdel Kader

Top Visages

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