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Tunisie : Radhia Nasraoui entame son 30e jour de grève de la faim   10 août
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ZOODOINTER. Depuis le 11 juillet 2017, la militante et avocate Radhia Nasaroui est en grève de la faim pour protester contre le changement de mode de protection de son mari, Hamma Hammami. Dans les conditions actuelles, elle l’estime gravement menacé.

« Je vais continuer la grève de la faim jusqu’à ma mort s’il le faut. Je ne peux pas me taire tant que mon mari est menacé, » déclarait Radhia Nasraoui, le 18 juillet 2017, sur les ondes de Shems FM. Trente jours après le début de cette grève, l’avocate tient parole. Depuis le 11 juillet 2017, la cofondatrice et présidente de l’Association de lutte contre la torture, proteste contre le changement de mode de protection accordé à son époux, Hamma Hammami, secrétaire général du Parti des travailleurs (PT) et porte-parole du Front populaire.

Depuis la mort de Chokri Belaïd, en février 2013, Hamma Hammami était protégé par la garde présidentielle. Mais depuis le début de juillet, sa sécurité est assurée par le ministère de l’Intérieur. Un manquement à sa prise en charge sécuritaire, selon Radhia Nasraoui, qui a récemment adressé une lettre aux autorités tunisiennes pour demander des explications concernant ce changement de régime. Une lettre restée sans réponse, selon elle.

La société civile solidaire

Plusieurs personnalités de la scène politique tunisienne ont en revanche donné des preuves de soutien à l’épouse de Hamma Hammami. Ahmed Néjib Chebbi du parti Al Joumhouri, par exemple, ou encore Mohamed et Samia Abbou du parti du Courant démocratique. Le secrétaire général de l’UGTT Noureddine Taboubi a également affiché son soutien à Radhia Nasraoui.

L’avocate rapporte par ailleurs qu’un comité de soutien de militants s’est retrouvé ce mercredi 9 août au siège du gouvernorat de Ben Arous, pour une journée de grève de la faim, en signe de solidarité. Avant d’ajouter : « Cet après-midi plusieurs troupes musicales ainsi que des tentes de militants vont également venir jusque devant notre immeuble, pour protester à mes côtés. »

Une rencontre avec Béji Caïd Essebsi

À l’initiative de la société civile, une rencontre a par ailleurs également été organisée avec le chef de l’État, Béji Caïd Essebsi, le 1er août, sur le cas de Radhia Nasraoui. Une délégation − composée de Monia Ben Jemia, présidente de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), Khadija Chérif, secrétaire générale de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), Jamel Msallem, président de la Ligue des droits de l’Homme (LTDH) et d’Abderrahman Hedhili, président du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) − s’est alors rendue au palais de Carthage.

À l’issue de cette rencontre, le président aurait assuré qu’il formulerait une demande de révision de la protection rapprochée de Hamma Hammami auprès du ministère de l’intérieur. Contactée par Jeune Afrique, Radhia Nasraoui assure pour sa part que la rencontre de la délégation avec le ministère de l’Intérieur a eu lieu mardi 8 août et que ses résultats ont été insuffisants.

Est-ce que les terroristes attendent qu’il y ait une visite officielle pour tuer ?

Le ministère a proposé un roulement d’équipe de surveillance devant l’immeuble du couple, sans toutefois proposer une garde rapprochée pour Hamma Hammami, en dehors du cadre de ses visites officielles. « Est-ce que les terroristes attendent qu’il y ait une visite officielle pour tuer ? », interroge la militante, qui répond elle-même à sa question. « Bien-sûr que non. »

Le soutien de Jean-Luc Mélenchon

Le député français et candidat à la dernière élection présidentielle Jean-Luc Mélenchon a lui aussi adressé une lettre rendue publique, lundi 7 août 2017, au président de la République tunisienne pour lui demander de revoir les conditions de protection de Hamma Hammami. Dans le document, il rappelle que « le niveau des menaces qui le visent n’a pas baissé, de l’aveu même des autorités qui l’entourent ». Il y décrit Radhia Nasraoui comme « une inflexible combattante des droits humains », qui porte en elle « toute la trempe des femmes tunisiennes » avant de conclure : « Dans un tel domaine mieux vaut trop que pas assez, si le mal et le crime veulent s’avancer. »

Radhia Nasraoui soutient cependant qu’elle ignore comment la présidence a reçu la lettre de Jean-Luc Mélenchon, n’ayant pas été contactée par les autorités suite à son envoi.

Jeune Afrique

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