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Sénégal : manifestations sportives suspendues après la mort de huit personnes dans un stade   16 juillet 2017
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ZOODOINTER. Les autorités sénégalaises ont suspendu dimanche toutes les manifestations sportives et culturelles dans le pays jusqu’aux législatives de la fin du mois et promis de renforcer la sécurité dans les stades en réaction à la mort de huit personnes après des échauffourées entre supporters lors d’une finale de football à Dakar.

« Toutes les activités sportives ou culturelles sont interdites sur l’étendue du territoire national pendant toute la durée de la campagne électorale » précédant les législatives du 30 juillet, a déclaré dans un communiqué le porte-parole du gouvernement, Seydou Gueye.

Jets de pierre, panique, effondrement d’un mur soutenant les gradins : huit personnes, dont une jeune fille, sont mortes et plusieurs dizaines d’autres, soixante selon le ministre des Sports Matar Ba, ont été blessées samedi soir à Dakar dans le stade où se déroulait la finale de la Coupe de la Ligue sénégalaise de football.

Le président Macky Sall s’est déclaré de son côté « indigné’ par les incidents et « a donné des instructions fermes pour que la lumière soit faite sur ce drame et que les responsables soient identifiés et sanctionnés sans faiblesse coupable ».
« D’ores et déjà, il a instruit le Premier ministre de prendre toutes les dispositions requises pour plus de sécurité dans les stades », a ajouté un communiqué de la présidence.

Le porte-parole du gouvernement a précisé qu’une information judiciaire sera ouverte et promis que « la loi (serait) appliquée dans toute sa rigueur » après cette « violence inacceptable ».
Le Sénégal a déjà été critiqué cette année pour ses antécédents en matière de sécurité lors de grands événements, notamment après la mort de dizaines de personnes lors d’une manifestation religieuse en avril.

Dans son communiqué, M. Gueye a appelé les Sénégalais au « calme et à la sérénité » alors que la campagne électorale a été marquée par des tensions.
Vendredi, une rixe a éclaté dans le nord de la capitale entre des partisans du président Sall et de son rival, le maire de Dakar Khalifa Sall, en détention provisoire depuis le 7 mars pour détournement présumé de fonds publics. Plusieurs personnes ont été blessées à l’arme blanche.
En hommage aux victimes du drame de Dakar, la campagne des législatives a été suspendue dimanche.

Un stade plein à craquer

Le stade Demba-Diop était plein à craquer de spectateurs venus soutenir les deux équipes locales, l’US Ouakam et le Stade de Mbour, pour cette finale très attendue.
Lors de la période de prolongation, alors que le score était de 2 buts à 1 en faveur du Stade de Mbour, des supporters de l’US Ouakam ont commencé à lancer des pierres sur des fans du Stade de Mbour, causant le départ précipité de spectateurs, a constaté un journaliste de l’AFP.

La police a utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les supporters, qui avaient envahi la pelouse, tandis qu’une partie du mur soutenant des gradins où se trouvaient des aficionados des deux camps s’effondrait. La foule a alors été prise de panique et des personnes ont été écrasées dans le mouvement, conduisant au drame.
« Quand le mur est tombé (…) tous les gens ont pleuré (…) On savait pertinemment qu’il y a des nôtres qui ont perdu la vie parce que le mur est tombé directement sur des gens », a rapporté Cheikh Maba Diop, qui a aidé à évacuer des victimes du stade et a perdu un ami dans la tragédie.

Un autre supporter, Mara Dié Diouf, regrettait qu’on ait organisé cette finale « dans un tel stade, où il n’y a pas assez de sécurité ». « Une finale, ça se prépare (…) Après qu’est-ce que vous allez dire aux victimes. Que voilà, le stade, c’était rempli ? Non, non, non », a-t-il déploré.

Selon lui, la police s’est retirée d’une zone séparant des supporters des deux équipes lorsque des projectiles ont commencé à voler, entraînant des mouvements de foule chez les spectateurs incapables de se défendre.
Dans la nuit, le ministre des Sports, M. Ba, avait déclaré à l’AFP vouloir « prendre des mesures fortes pour qu’un tel événement ne se reproduise jamais au Sénégal ».

Jeune Afrique

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