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Tribunal militaire : " même si j’ai fauté, j’ai défendu des autorités de ce pays et aujourd’hui voici ma récompense ", dixit un inculpé  9 janvier
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ZOODOACTU.Le procès Ouedraogo Madi et autres se poursuit ce lundi 9 janvier 2017 au tribunal militaire de Ouagadougou. Au fur et à mesure que le dossier avance les choses se dessinent selon la défense. Depuis le début du procès, 26 accusés sur 29 ont été entendu. Le jugement a été suspendu pour reprendre le mardi 10 janvier 2017 au tribunal militaire.


Environ 8 accusés ont comparu ce 9 janvier 2017 à la barre dont entre autres, Sanou Ibrahim, Ouoba Babandi, Sanou Ali, Poda Stanislas, Zouré Boureima, Guira Gilbert. Ils ont tous reniés les faits tels relatés dans les procès verbaux délivrés par la gendarmerie, certains prétendent que c’est sous l’effet de la contrainte qu’ils ont signé leur procès verbal. Ouoba Babandi par exemple déclare avoir signé son procès verbal par contrainte, il explique au tribunal qu’il a été détenu 72H sans nourriture. Cependant le commissaire du gouvernement souligne que « Si nous n’avons pas des éléments réunis, nous ne poursuivrons jamais quelqu’un devant le tribunal ».Il invite donc les accusés à dire la vérité afin qu’ils puissent avancer.
Le sergent chef Ali Sanou, est inculpé dans 3 dossiers, à savoir le dossier Ouedraogo Madi et autres, celui du putsch et de Yimdi . Le soldat de première classe Boureima Zouré quant à lui est inculpé dans 4 dossiers, le dossier de l’insurrection populaire des 30 et 31octobre 2014, du putsch, de Yimdi et de Ouedraogo Madi et autres. . Boureima Zouré déclare que « même si j’ai fauté, j’ai défendu des autorités de ce pays et aujourd’hui voici ma récompense. Lorsque le dossier Yimdi sera ouvert j’aurai l’occasion de m’exprimer ». Ali Sanou rétorque que « nous ne sommes pas des ennemis de cette nation. Monsieur le juge, dans les jours à venir, je vais parler ». Il remercie par ailleurs ses ancêtres de l’avoir toujours gardé en vie pour dire la vérité rien que la vérité, car selon lui, on aurait donné l’ordre de l’abattre. Pour le commissaire du gouvernement il ne s’agit pas là d’un harcèlement mais d’une recherche de la vérité. Poda Sylver, lui déclare ne pas comprendre pourquoi on le cite dans ce dossier, il reconnait plutôt avoir participé au dossier Yimdi et non celui-ci. Pour le commissaire du gouvernement le dossier Ouedraogo Madi et celui de Yimdi sont un peu lié.

Des accusés menacés
Lors de la reprise après la suspension du procès pour quelques minutes, la défense prévient le tribunal, qu’un incident s’est produit juste à la suspension du procès. Elle explique en effet qu’un greffier avait menacé les accusés, les indiquant qu’ils allaient tous périr en prison s’ils veulent remettre en cause leur procès verbal. « Les accusés ont maintenant des avocats. Si rien n’est fait nous allons prendre notre responsabilité en main » menace la défense. Le tribunal après concertation s’est à nouveau retiré pour résoudre l’incident, avant que le procès ne puisse reprendre. Il faut noter qu’en plus des militaires, il y’a parmi les accusés des civils.

Le procès est très avancé selon un des avocats de la défense Hien Ollo Larousse. Il précise qu’en ce qui concerne ce dossier, tant qu’il n’y’a pas une résolution criminelle arrêté de commun accord, il n’y’a pas infraction. Il laisse entendre qu’en réalité le parquet militaire n’a pas assez d’éléments contre leurs clients. Il martèle cependant que ce qui est regrettable, c’est la manière dont les choses se sont passées en enquêtes préliminaires. « La majeur partie des accusés disent qu’en enquête préliminaire, ils ont reçu des menaces. Il y’a en même qui ont déclaré que certains officiers de polices judiciaires ont dit que s’ils s’amusent ils seront fusillés ». Ollo Hien affirme cependant que les officiers de polices judiciaires doivent comprendre que lorsqu’ils ont en face d’eux quelqu’un qui est présumé innocent, leur travail c’est de l’écouter tout simplement, et établir le procès verbal.

En rappel, les 29 accusés sont poursuivis pour association de malfaiteurs, dans l’objectif de libérer des généraux à la MACA et porter atteinte à la vie de certaines autorités du pays, mais également pour détention illicite d’armes. Le procès suivra son cours le mardi 10 janvier 2017 au tribunal militaire.

EL Kadhir

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Il y a 2 commentaire(s) pour cet article

posté le 10 janvier 2017, par Ka

Tu as été utilisé par des prédateurs qui ont taraudé, bafoué, meurtri un peuple innocent, parmi ce peuple des veuves, des orphelins par milliers. Alors soldat, il y a deux poids deux mesures, on assume ses erreurs en tant qu’un digne soldat, comme le soldat Diendéré. Après tout, on récolte ce qu’on a semé.


posté le 11 janvier 2017, par Modeste Citoyen

" même si j’ai fauté, j’ai défendu des autorités de ce pays et aujourd’hui voici ma récompense "
ça c’est une vérité indéniable puisque Blaise Compaoré a occupé un poste de haut niveau même s’il a fauté entre temps. Mr le militaire, tout homme a toujours été important sinon très important jusqu’au jour où il commet une erreur monumentale. En tant que militaire, je n’ai rien à vous rappeler quelque soit vos hauts faits sur un terrain de guerre, si vous commettez une erreur, l’ennemi ne vous rate pas. Je suis d’avis que vous implorez le pardon de la société par rapport à votre acte dans cet épisode, bonne suite à tous !


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