Devant le tribunal
Devant le tribunal : "files moi ton portable, donnes moi ta clé, sinon je te machette" !  15 décembre 2016
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ZOODOACTU. S. Papou, né en 1997 et vendeur de fer résidant au quartier Tampouy de Ouagadougou, et T. Cheick Abdoul Hassan, né en 1994 et élève en classe de 3ème résidant à Tampouy, ont tous deux comparu devant le Tribunal de grande instance de Ouagadougou pour répondre de faits de vol et d’agression.

A la barre, S. Papou explique qu’une nuit, de retour d’un maquis, il a rencontré son ami de quartier T. Cheick, qui a eu une crevaison. A l’en croire, c’est en voulant le ramener chez lui qu’ils ont croisé une fille et ont décidé de la suivre. Une fois devant sa porte, S. Papou explique qu’elle a éteint son engin pour ouvrir le portail de la cour. Quand ils ont surgi, et lui ont intimé l’ordre de leur remettre son téléphone portable. Il reconnait l’avoir braquée mais ne reconnait pas avoir utilisé une arme blanche contre elle. Le deuxième prévenu, T. Cheick Abdoul Hassan, reconnait avoir suivi la victime et avoue avoir démarrer en trombe quand S. Papou a fini de braquer la victime pour s’enfuir avec lui.

La victime, D. Armelle, à son tour, explique que c’était la veille de la fête de Ramadan et, avec des amies, elle s’était rendue à un anniversaire. De retour vers 00h30, elle indique avoir senti une motocyclette qui la suivait. Selon ses explications, prise de peur, elle s’est stationnée devant un magasin de cosmétique. Sauf que finalement, elle a remarqué que ceux qui la suivaient avaient disparus. C’est ainsi qu’elle décidé de rentrer chez elle.

Arrivée dans le 6m qui mène chez elle, elle éteint son engin pour ouvrir sa porte et s’aperçoit que ceux qui la poursuivaient étaient à son niveau. Elle informe que c’est S. Papou, qui s’est approché d’elle, et a été très clair avec elle et lui a dit "files-moi ton portable, donnes moi ta clé, sinon je te machette".
Malgré sa réticence, S. Papou arrive à retirer son portable, et à lui donner deux coups de machettes. Ne voulant pas se résigner, elle fait savoir qu’elle a balancé la clé de la motocyclette dans la cour et malgré les menaces, elle a crié "au voleur". Dans son récit ? elle fait savoir qu’en voulant s’enfuir, les prévenus ont percuté des pierres, sont tombés et leur engin a refusé de démarrer, au point que les riverains ont pu mettre la main sur T. Cheick Abdoul Hassan, puis, la police a remonté à S. Papou. Elle précise être rentrée en possession de son téléphone volé, s’être soignée mais ne réclame rien comme dommages ni intérêt.

Le substitut du procureur, dans ses réquisitions, estime que cette affaire relève du flagrant délit et considère qu’avec les faits amplement débattus à la barre, il requiert qu’ils soient requalifiés en faits de grand banditisme. Selon lui, les actes sont suffisamment dangereux, et qu’à la barre, les prévenus avaient réitéré leur délinquance dans leur attitude. "Ils expliquent avec aisance des faits graves, sans pitié, et riaient parfois", regrette-il.

Le procureur révèle enfin que S. Papou a déjà été condamné en 2015 pour viol et vol aggravé et que T. Cheick Abdoul Hassan, également, est connu des services de police pour vols d’engin. Au regard de tout cela, il requiert qu’ils soient tous deux déclarés coupables des faits de grand banditisme, et que S. Papou soit condamné à une peine d’emprisonnement ferme de 18 ans dont 10 de sureté, et 10 ans de prison ferme, dont 05 ans de sureté, pour T. Cheick Abdoul Hassan.
Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet en requalifiant les faits de vol en faits d’acte de grand banditisme. Par contre, en répression, il a condamné S. Papou et T. Cheick Abdoul Hassan à une peine d’emprisonnement ferme de 10 ans, dont 06 avec sureté et une amende ferme de 500 000 FCFA pour chacun d’eux. Il a également ordonné la confiscation du scellé (une machette), aux fins de destruction. Enfin, le tribunal les a solidairement condamnés aux entiers dépens.

Sidi Ag Mohamed

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