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Musique : « Avant tout projet, il faut demander la bienveillance de Dieu, il faut prier », Selahboy   3 novembre 2016
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ZOODOACTU. Il s’appelle Azouma Goula, à l’état-civil, et a pour nom d’artiste « Selahboy », qui signifie l’enfant de Haïlé Selassié. Mais loin de faire du Reggae, malgré ses locks et son pseudo qui s’y prêtent, il a choisi de faire de l’afro-beat. Il vient de mettre sur le marché du disque un maxi de quatre titres, par ailleurs sa première œuvre musicale, en solo. Pour un coup d’essai, ce fut un coup de maître, comme l’on le dit souvent. L’artiste nous parle ici, à la rédaction de zoodomail.com, de son parcours et de ses ambitions...

zoodomail.com : Tu viens de faire la dédicace ton œuvre, en octobre dernier. De quoi parle ce maxi ?

Selahboy : Ce maxi est titré « Maloko », qui est aussi un titre du maxi en question. « Maloko », en fait, veut dire une personne paresseuse, flemmarde. Ce titre appelle la jeunesse africaine à se lever tôt pour chercher son pain quotidien. Il y a le titre Gnimbouèrè, qui parle de la jeune fille. Je veux dire, ma « go », et là c’est une manière de m’adresser à celle que j’aime, ce que je ressens pour elle. Cette chanson, qui est chantée dans ma langue, qui est le « Bissa », peut servir à chacun de nous pour témoigner son amour à sa dulcinée. Il y a aussi le titre « Houdjekaze », qui veut dire dansons le Djeka, qui est une danse de chez moi, et qui s’exprime par des signes de fraternité, de paix, et surtout d’ambiance et d’amour. Cette chanson appelle le peuple burkinabé à l’union, car c’est en étant uni qu’on est plus fort. En même temps, je fais un appel à un retour aux sources, pour dire qu’il ne faut jamais oublier sa culture. Enfin, dans ce maxi, il y a l’Alpha et l’Oméga, pour dire que tout commence par Lui et tout finit par Lui. Pour dire qu’avant tout projet, il faut demander la bienveillance de Dieu, il faut prier. Quel que soit la situation dans laquelle l’on se trouve, il faut toujours se remettre à Dieu, car c’est lui qui est la solution.

A quand remontent tes débuts en musique ?

J’ai commencé la musique depuis l’âge de douze ans. Car dès cet âge, le virus de la musique m’a pris, j’étais déjà un mélomane, donc. J’écoutais beaucoup de musiques à la radio, je repiquais souvent les chansons qui y passaient sur des cassettes vierges, pour pouvoir les interpréter ensuite. Par la suite, j’ai décidé d’écrire des chansons, et je m’inspirais de musiciens tels Michaël Jackson, MC Solar, R Kelly, et le groupe Yeleen que je « kiffait » beaucoup. Après, je me suis demandé, pourquoi ne pas répéter ce que j’écrivais ? Et c’est comme cela que tout a commencé. Il y avait les études, la musique, j’étais un peu pris des deux côtés, mais mon fort, ma passion, c’est la musique. Petit à petit, j’ai pris part à la compilation la « Part des ténèbres », volume 2, avec d’autres groupes tels « Rimes mortelles », « Homog’n », entre autres, et voilà que par la Grâce de Dieu, j’ai mis mon maxi sur le marché du disque.

Où as-tu commencé à faire de la musique ?

J’ai commencé réellement la musique ici, à Ouagadougou. J’étais un simple mélomane à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Quand je suis arrivé à Ouagadougou, je me suis décidé à me mettre à la musique. J’ai commencé d’abord par le Rap, ensuite le Rand B, entre autres, et par finir, je me suis dit qu’il faut que je retourne à la culture africaine. Et c’est là que j’ai décidé de faire de l’Afro-beat.

Il y a un peu du style « Kif no beat » dans ta musique, pourtant...

On peut dire que c’est un style comme cela, mais quand on écoute attentivement ma composition, on va entendre des instruments traditionnels comme le balafon, la kora, le djembé, et c’est surtout les instruments traditionnels africains que j’utilise dans mes chansons. Parce que ce sont des rythmes dans lesquels je me sens et m’y donne à fond.

Comment s’est passé l’enregistrement ?

L’enregistrement s’est passé dans une atmosphère un peu gauche-droite, parce que je suis couturier, spécialisé surtout en chemises, donc, il fallait faire avec le travail et le studio. Mais dans l’ensemble, tout s’est bien passé et dans de bonnes conditions.

Une autoproduction ?

Non, ce n’est pas une autoproduction, mais une production faite par Ousmane Zaré dit « Triple Z », officialisé par le studio « Vision parfaite », entre autres.

Et quel sera ta stratégie marketing ?

Etant donné que j’ai un staff managérial qui s’occupera de la stratégie marketing, je pense que ça va aller. Déjà, nous avons balancé un single sur « Takborossé.tv » depuis le mois de septembre, ensuite la promo, nous avons fait le tour des radios, nous avons fait la dédicace du maxi depuis le 22 octobre dernier, et bientôt, nous allons faire un clip pour les différentes chaînes télé, et nous espérons pouvoir conquérir les cœurs de tout le monde.

As-tu donné des spectacles ?

Je n’ai pas encore eu à faire des spectacles pour le moment, mais j’ai participé cette année à Ouaga Festival, qui était appelé entretemps Ouaga hip hop, juste pour une prestation.

Que penses-tu de la musique burkinabé, en général ?

La musique burkinabé est riche en cultures. Parce que j’ai remarqué que tous les artistes jouent sur les rythmiques du terroir. Et cela m’inspire beaucoup, surtout quand j’écoute le « Naba » Floby, que j’apprécie beaucoup, ou Dez Altino. En tout cas, il y a pas mal d’artistes que j’apprécie…

Un message ?

Mon message à l’endroit du peuple burkinabé est qu’on soit toujours unis. Je veux aussi dire à la jeunesse d’arrêter d’être « Maloko », car c’est le travail qui paye, qui est libérateur. Et c’est le travail qui doit être ta femme, ton quotidien. Sans le travail, l’homme n’est rien, donc, arrêtons d’être « Maloko » !

Claire Lebœuf

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